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Un couple condamné pour apologie du terrorisme à cause… d'un rideau noir dans une chambre

Vu du tribunal de Bobigny (Seine-St-Denis)

Vu du tribunal de Bobigny (Seine-St-Denis) - Bertrand Guay - AFP

Un couple de Seine-St-Denis a été condamné vendredi respectivement à 6 mois de prison ferme et 6 mois avec sursis pour apologie du terrorisme, après que la police a découvert à son domicile un drapeau noir. Les juges ont considéré qu'il s'agissait d'un drapeau d'Al-Qaïda. Une erreur, selon l'avocat du couple, qui assure sur RMC qu'il s'agissait "de la profession de foi des musulmans".

Six mois de prison pour un drapeau noir en guise de rideau. Un homme de 28 ans a été condamné vendredi soir à six mois de prison ferme pour apologie du terrorisme (infraction crée en avril 2014) par le tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-St-Denis). Il a fait appel de la décision et n’a pas donc pas été incarcéré. Son épouse âgée de 25 ans a écopé, elle, d’une peine de six mois de prison avec sursis. La jeune femme est assignée à résidence depuis un mois, dans le cadre de l'état d'urgence.

Lors d'une perquisition en milieu de semaine, les policiers ont retrouvé dans une chambre du domicile du couple, dans une cité de Villemonble, un rideau noir avec des inscriptions blanches en arabe.

"C’est un amalgame très inquiétant"

Les magistrats ont estimé que ce rideau s'apparentait au drapeau noir d’Al-Qaïda, et qu’il faisait donc l’apologie du terrorisme, notamment parce qu’il était visible de l’extérieur. Ce sont en effet, selon l'avocat du couple, des voisins de la cité qui les ont dénoncés. Les deux époux ont été placés en garde à vue 48h, avant d’être jugés en comparution immédiate ce vendredi.

Pour maître Vinay, l’avocat du couple, ce jugement est pour le moins inquiétant. "Sur ce rideau noir était inscrit la profession de foi des musulmans", et non pas une quelconque allusion à Al-Qaïda. "C’est un amalgame très inquiétant, il n’y avait aucune allégeance au terrorisme, la profession de foi est le premier pilier de l’islam", assure-t-il à RMC. Ce n'était pas l'avis des juges.

P. Gril avec Céline Martelet