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Un père soupçonné d'avoir tué son fils avant de se suicider: l'issue tragique d'un "placement abusif"?

Un père de famille est soupçonné d'avoir tué son enfant de 8 ans avant de se donner la mort. L'enfant devait être placé ce lundi. Un placement dénoncé par l'avocate du père de famille qui avait la garde de son fils depuis 4 ans.

Un père de famille de 47 ans est soupçonné d'avoir tué son fils de 8 ans avant de se suicider. Les corps carbonisés du père et du petit garçon ont été retrouvés le même jour à quelques centaines de mètres de leur domicile à Villeparois en Haute-Saône.

Le parquet de Vesoul a ouvert une enquête pour homicide volontaire. L'autopsie doit le confirmer ce jeudi l'identité des deux victimes. Ce père de famille, en instance de divorce avait obtenu la garde exclusive de son enfant depuis 4 ans. Mais fin mai, une juge des enfants du tribunal de Vesoul avait décidé après une enquête des services sociaux de placer l'enfant dans une famille d'accueil.

Le père avait fait appel, l'audience devait avoir lieu en septembre mais l'appel n'était pas suspensif et le petit garçon devait être retiré à son père lundi.

Cela faisait un mois que Hervé Delaunay vivait dans l'attente que son fils de 8 ans soit placé en famille d'accueil. Une décision d'une juge des enfants incompréhensible pour son avocate Marie Grimaud: "C'est ce qu'on appelle un placement abusif au regard de la motivation totalement superficielle qu'il y avait un lien trop fort, trop fusionnel entre ce père et cet enfant. Cela faisait quatre ans qu'il avait la garde exclusive de ce petit garçon".

"Il va faire l'objet de propos de comportements extrêmement violents"

Maitre Grimaud reçoit des appels quasi quotidiens de ce père de famille: "Je vais être extrêmement inquiète par l'état de détresse dans lequel sombre mon client. Il va faire l'objet de propos de comportements extrêmement violents de la part des services sociaux".

Jeudi dernier, elle adresse deux courriel avec la mention "urgent" en rouge à la juge des enfants et à sa supérieure la présidente du tribunal de Vesoul pour demander de suspendre la décision de placement: "J'ai dit à la juge que ce placement allait entraîner de nombreuses ruptures. Ce n'est pas tous les jours qu'un avocat parle d'une issue tragique probable".

Quatre jours après, on retrouvait les corps sans vie de Hervé Delaunay et son fils.

Marion Dubreuil avec Paulina Benavente