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Une de Charlie Hebdo contre Mediapart: "Une tentative de calomnie", juge Edwy Plenel

Edwy Plenel réagissait ce mercredi matin à la Une de Charlie Hebdo, sur laquelle il est représenté comme ayant fermé les yeux sur l'affaire Tariq Ramadan. Selon lui, il s'agit d'une "campagne politique".

Mis en cause par Charlie Hebdo, Edwy Plenel réplique. La tête du cofondateur de Mediapart est représenté plusieurs fois sur le dernier numéro de Charlie Hedbo sa célèbre moustache lui masquant sur l'une les yeux, sur l'autre les oreilles et sur une troisième la bouche, évoquant le symbole asiatique des trois singes de la sagesse. Une Une qui fait référence aux accusations dont le site d'investigation a fait l'objet ce week-end. L'ancien premier ministre Manuel Valls a notamment évoqué sur CNews des "complicités" entre Edwy Plenel et l'islamologue Tariq Ramadan, visé par deux récentes plaintes pour viol.

"Ce que fait cette Une, c'est épouser un agenda politique"

Edwy Plenel y voit là une "campagne politique":

"Ce que fait cette Une de Charlie Hebdo, c'est d'épouser une campagne politique. Ces mêmes gens qui ont été balayé aux élections récentes essaient de revenir à cet agenda délétère: ne pas parler des vraies questions sociales, écologiques, démocratiques et instrumentaliser la cause des femmes. Mediapart a été en pointe dans les révélations d'agressions faites aux femmes et nous le sommes toujours. Nous n'avons aucune complaisance pour qui que ce soit qui commettrait de tels actes. Il s'agit là d'essayer de faire taire, de discréditer, de calomnier ceux qui, comme Mediapart, refusent que l'on se saisisse de n'importe quel évènement aussi dramatique soit-il, pour discréditer, diaboliser tout ce qui à avoir avec les mots islam et musulman".

"Nous sommes solidaires de la rédaction de Charlie Hebdo, de sa liberté, de son droit à la caricature et encore plus quand il y a le massacre de janvier 2015 et aujourd'hui les menaces de mort qui visent son équipe. Mais la liberté de la caricature, c'est aussi notre liberté de dire quand la caricature est un excès. Un excès de calomnier, de dire n'importe quoi, d'entretenir une cabale et de proférer des mensonges. Notre réaction est la sidération devant cette campagne", a-t-il aussi précisé.

P.B.