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"Une trahison, un déni de justice": la colère de Julie et ses proches qui accusent de viols une vingtaine de pompiers

TEMOIGNAGE RMC - RMC vous dévoilait le témoignage d'une jeune femme, qui, depuis 10 ans, accuse une vingtaine de pompiers de l'avoir violée de nombreuses fois. Mais après 8 ans d'enquête, le juge d’instruction  confirme les réquisitions du parquet d'"atteintes sexuelles sur mineur de 15 ans", et non plus pour viols.

En novembre dernier, nous avions diffusé le témoignage de cette jeune femme que nous appellerons Julie, pour protéger son anonymat. Il y a 10 ans elle avait accusé une vingtaine de pompiers de l'avoir violée de nombreuses fois. 

Elle racontait en novembre dernier pour RMC, comment tout a commencé. Alors qu’elle est âgée de 13 ans, elle fait une crise d’angoisse au collège qui nécessite l’intervention des pompiers. L’un d’eux la recontacte et ils se lient d’amitié. La jeune femme explique avoir été flatté qu’un "héros" s’intéresse à elle. "Le jour où il est venu à mon domicile, tout a basculé", se souvient-elle.

Ce pompier organise alors des rencontres avec d’autres pompiers, et les viols en réunion s’enchaînent. "Entre eux, ils se passaient mon numéro de téléphone", explique-t-elle. Elle affirme également que ces viols ont eu lieu "dans des parcs, sur des capots de voiture", ou encore dans "les toilettes de l’hôpital psychiatrique". La jeune femme se mutile et fait plusieurs tentatives de suicide. 

Elle dépose finalement plainte en août 2010. S'en étaient suivies des mises en examen de plusieurs pompiers, notamment pour viols. Mais après 8 ans d'enquête, le parquet avait finalement requis en septembre dernier de requalifier les faits pour "atteintes sexuelles sur mineur de 15 ans", et non plus pour viols. 

"Atteintes sexuelles sur mineur de 15 ans"

La justice a confirmé cette requalification la semaine dernière, avec en cause, "le défaut de consentement qui […] apparaissait insuffisamment caractérisé" selon l'avis du parquet de Versailles.

Trois de ces pompiers vont donc être renvoyés devant un tribunal correctionnel et non devant une cour d'assises, comme le réclamaient Julie et sa famille.

Les pompiers ont toujours affirmé qu’elle était consentante. Mais pour Julie, on ne peut pas donner "à 13 ou à 14 ans son consentement". Ils risquent désormais jusqu'à 7 ans de prison pour "atteintes sexuelles sur mineur", contre 20 ans en cour d'Assises.

Une "trahison, un déni de justice" pour Corinne, la mère de Julie, qui va faire appel de cette décision dès aujourd'hui.

Gwladys Laffitte avec Xavier Allain