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Victime de violences policières, Irène est toujours sous le choc: "On ne se sent plus protégés par cette police"

Témoignage RMC – Irène, conductrice de métro, a reçu plusieurs coups de matraque d'un policier, alors qu'elle tentait de ramasser son téléphone portable, lors de la manifestation de jeudi dernier à Paris.

Bras en écharpe et pansement sur la tête, Irène a encore du mal à réaliser ce qu'il s'est passé jeudi: "Je suis très fatiguée. Je suis toujours en état de choc, je n'y crois toujours pas, je me dis que je dois être dans un mauvais film. Ce n'était pas proportionnée, c'était tout simplement injuste. C'était des coups mis par plaisir. Et ça ne passera pas"".

La conductrice RATP, mère de deux enfants, a tout de même un espoir avec l'ouverture de l'enquête de l'IGPN: "Je me dis qu'il y a peut-être encore une justice. J'espère qu'il y aura des sanctions. Ce n'est pas un avertissement. Un avertissement n'est pas une sanction. A partir du moment où on tape avec une télescopique au niveau du visage, ça devrait être un licenciement".

"Ils frappent parce qu'ils savent qu'il n'y aura pas de suite derrière"

Christophe Castaner a rappelé hier aux forces de l'ordre leur devoir d'exemplarité, une déclaration trop tardive selon Irène. Elle attend maintenant des actes: "S'il y a une avancée, tant mieux. J'espère que le gouvernement et M. Castaner vont faire le ménage. Il faut qu'on se sente protégés. Aujourd'hui, on ne se sent plus protégés par cette police. Ils frappent parce qu'ils savent qu'il n'y aura pas de suite derrière". Irène, victime d'un traumatisme crânien et de plusieurs hématomes, a porté plainte vendredi, vidéos à l'appui.

Malgré tout, Irène reste déterminée à manifester contre la réforme des retraites.

Romain Cluzel