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Violences conjugales: "J'ai pris un sac, et je suis partie: c'était moi ou la mort"

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Parmi les enjeux du Grenelle organisé par le gouvernement, l'accueil des femmes battues qui font le choix de fuir leur conjoint. Les places d'hébergement font en effet cruellement défaut.

Il y a trois ans Charlotte est partie de chez elle pour fuir un conjoint violent: "J'ai attendu qu'il parte au travail. J'ai pris un sac avec le strict minimum. C'était moi ou la mort. On rentre à peine dans l'âge adulte, on a envie de vivre".

La jeune femme est ballottée entre la rue et les centres d'urgence jusqu'à sa prise en charge par l'association Une femme un toit. Depuis un an, Charlotte a sa chambre avec ses photos collées au mur: "Quand on pousse la porte, on fait 'ouf'. On est protégées, il y a toujours quelqu'un. On repart à zéro".

"Une femme qui rentre dans un commissariat ne doit pas sortir sans solution"

Chaque année, l'association héberge une centaine de jeunes femmes victimes de violences. Mais Marie Cervetti, la directrice, doit refuser 4 fois plus de dossiers par manque de place: "Il y a deux jours, il y a une jeune femme qui est allée porter plainte. Rien n'était possible pour elle. Elle est allée chez son conjoint. L'angoisse, c'est de se dire: 'dans trois jours, elle va être assassinée'. Une femme qui rentre dans un commissariat ne doit pas sortir sans solution".

Grâce à l'association, Charlotte, elle, a pu reprendre pied. Suivre une formation de serveuse. Aujourd'hui, elle n'espère qu'une chose: obtenir son diplôme pour prendre son envol.

Marion Dubreuil (avec P.B.)