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Violences: "La police est l'otage d'une crise politique", déplore David Le Bars, secrétaire général du syndicats des commissaires

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Près d'une centaine de policiers ont été blessés samedi lors de manifestations contre les violences policières un peu partout en France.

Partout en France, 133.000 personnes ont défilé samedi à l'occasion d'une marche des libertés contre les violences policières et la proposition de loi de sécurité globale, selon le ministère de l'Intérieur, 500.000 selon les organisateurs. De nombreuses violences ont émaillé les cortèges notamment à Bordeaux et à Paris où plusieurs policiers ont été violemment frappés par des manifestants.

En fin de manifestation, plusieurs CRS ont été pris à partie par des manifestants qui les ont frappés à coup de bâtons, de pieds et de poings: "Cela se dégrade partout. La violence a franchi un cap dans les manifestations. Quand on est policier ou gendarme et qu'on va dans ces manifestations, on sait que l'on va avoir affaire à des groupes organisés parfois armés", estime ce lundi sur RMC David Le Bars, le secrétaire général des syndicats de police nationale

"On a vu des manifestants avec des pioches comme s'ils étaient sur un chantier. Il y a aussi des objets qui arrivent sur place comme s'il y avait des complicités. C'est extrêmement structuré. Ces déchaînements posent deux questions. Le laisser-faire, qu'est-ce que c'est que ces blacks blocks qui viennent dans les manifestations? (...) pourquoi y-a-t-il des manifestations de 40.000 personnes quand on n'a pas le droit de se rassembler à plus de huit?".

"On attend de la police de régler toutes les crises sociales, ce n'est pas notre rôle"

David Le Bars déplore également la responsabilité de la classe politique rappelant que la manifestation de samedi à Paris a dans un premier temps été interdite par le préfet de police avant que le tribunal administratif ne casse l'arrêté et autorisé le défilé.

Face au black block, il précise que deux techniques ont été successivement adoptées. La première celle du laisser-faire pour éviter les blessures n'a plus cours depuis les "gilets jaunes". Elle a trouvé sa fin depuis le 1er mai 2018 quand le quartier d'Austerlitz à Paris avait été "dévasté", explique David Le Bars. La seconde, celle de l'usage de la force, monte une partie de la classe politique contre les forces de l'ordre, juge-t-il. "Tant que ce débat sera binaire et que les propos ne seront pas assumés, on se retrouvera chaque semaine avec ce balancier sécuritaire".

"On attend de la police de régler toutes les crises sociales, ce n'est pas notre rôle (...) On est plus qu'au coeur d'une crise politique, on est l'otage d'une crise politique. A partir du moment où la classe politique s'est approprié le sujet sécuritaire, on ne devient l'otage", conclu-t-il.

Samedi, 98 policiers et gendarmes ont été blessés en France alors que des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. Un photographe syrien de l'AFP a également été blessé à Paris après avoir reçu un coup de matraque en pleine tête. Ces manifestations ont eu lieu dans un contexte tendu, en plein débat sur la proposition de loi de sécurité globale et après la diffusion de violences policières, d'abord contre un producteur de musique puis lors de l'installation d'un éphémère camp de migrants place de la République à Paris.

G.D.