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"Violent", qui "consomme les femmes", "terrorise les témoins": qui est Willy Bardon, accusé du meurtre d'Elodie Kulik?

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L'accusation a requis 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Willy Bardon devant la Cour d'assises de la Somme pour "enlèvement et séquestration suivis de mort" commis sur Elodie Kulik en 2002. Le verdict est attendu ce vendredi.

Sans pouvoir s'appuyer sur aucun autre élément matériel, l'avocat est revenu méticuleusement, lors du procès pour le meurtre d’Elodie Kulik ce jeudi, sur les comportements et traits de personnalité qui accablent l'accusé, Willy Bardon.

Comme "la violence" de Bardon, qui "prend les femmes, les consomme", "terrorise les témoins", ses expressions outrancières, employées dans d'autres contextes mais troublantes: "Celle-là, je la viole", "brûler, ça ne laisse pas de traces"...

"Elodie Kulik est morte comme un objet à proximité d'un tas de fumier"

Sexuellement, "il a une quadruple vie (...) il trompe sa femme, trompe sa maîtresse", veut "tromper sa maîtresse avec la soeur de sa maîtresse", puis "tente avec les copines des copains", sans oublier "les gang bangs", plaide-t-il. Il rappelle enfin "l'angoisse" de Bardon durant l'enquête, sa fébrilité à chaque nouvelle audition de témoin et ses "mensonges" lorsqu'il minimisait devant les enquêteurs sa proximité avec Grégory Wiart.

Corinne Herrmann, autre avocate de la partie civile, a elle, ému la cour en dénonçant "la barbarie, la sauvagerie inouïe" du crime: "Elodie est morte figée dans un viol (...) Elle a été brûlée, elle n'avait plus de cheveux. Sa féminité a été bafouée. Elle a été ramenée au rang d'objet, un objet à proximité d'un tas de fumier", a-t-elle lâché, faisant éclater en sanglots silencieux le frère d'Elodie Kulik.

"Cette scène de crime, elle est signée"

"Cette scène de crime, elle est signée. Par l'ADN de Grégory Wiart" et "par la voix de Willy Bardon, sa vision des femmes, sa recherche dans ses relations sexuelles de toutes les composantes de ce crime", a-t-elle dit.

S'approchant de l'accusé, mais sans parvenir à accrocher son regard, elle a lancé: "je ne peux pas vous laisser dire que vous aimez les femmes (...) vous êtes une injure aux femmes!"

Vibrant d'émotion, elle s'est enfin adressée aux jurés, leur suggérant de "répondre à l'appel au secours d'Elodie" et à lui "rendre sa dignité de femme" en condamnant Bardon. "Pensez à Jacky, à Fabien, à Rose-Marie", a-t-elle dit en évoquant les père, frère et mère de la victime.

Willy Bardon, qui assure depuis le début être innocent et n'avoir "jamais touché" Elodie Kulik, sera défendu vendredi par ses avocats puis prendra une dernière fois la parole, avant un verdict attendu tard dans la soirée.

La rédaction de RMC (avec AFP)