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"Violeur de la Sambre": le suspect parle de "pulsions", mais son mode opératoire est troublant

Ce père de famille insoupçonné jusqu'à présent avait développé un mode opératoire très rôdé.

Il aurait sévi depuis 30 ans. Un quinquagénaire a reconnu une quarantaine de viols et d'agressions sexuelles dans le Nord. Arrêté lundi au volant de sa voiture à Pont-sur-Sambre près de Maubeuge, ce père de famille de trois enfants a été mis en examen, mercredi à Valenciennes. Son portrait reste troublant: père de famille "tranquille" selon ses voisins, un casier judiciaire vierge.

Pourtant, il serait un "routard du crime": le premier viol remonterait à 1988. Mais c'est la plainte la semaine dernière en Belgique d'une femme qui a fait basculer l'enquête. Au total les policiers avait accumulé un millier de procès-verbaux sur l'affaire du "violeur de la Sambre". 

Lors de son audition, le suspect a fait des révélations spontanées et a confié avoir agi sous le coup de pulsions qu'il ne parvenait pas à contrôler. Pourtant, son modus operandi laisse songeurs les enquêteurs. Si le suspect n'avait aucun lien avec ses victimes, les femmes étaient attaquées de dos par un homme qui portait des gants et avait le visage entièrement ou partiellement masqué, selon le procureur de la République de Valenciennes. 

"Il n'avait pas de cible particulière mais des femmes sur son passage"

Il avait ainsi développé une technique très rodée. Il agissait dans un périmètre restreint dans le Nord est de la France et de l'autre côté de la frontière, en Belgique. À l'aube, quand il fait encore nuit, ils se rapprochaient des femmes par surprise, de dos sur la voie publique. Il les menaçait alors avec un couteau, les jetait au sol et les agressait sexuellement.

Parmi les victimes présumées, une quarantaine, certaines étaient mineures lors des faits, comme cette adolescente de 13 ans à peine. La majorité sont des femmes majeures, la plus âgée avait 50 ans. Elles étaient collégienne, infirmière, agent de service ou bien encore professeur. Selon Romuald Muller, directeur inter-regional de la police judiciaire de Lille, l'une des difficultés de l'enquête reste le manque de typologie des victimes: "On a une personne qui s'est attaqué tant à des jeunes filles que des femmes plus âgées et qui ne recherchait pas de cible particulière, mais toute femme qu'il pouvait trouvait sur son passage".

Marion Dubreuil & X.A