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"Viva Poutine" à des clientes ukrainiennes: des mots prononcés sous la colère, justifie le patron

Un restaurant parisien se trouve dans la tourmente après une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. On y voit le patron dire "Viva Poutine" à deux Ukrainiennes. Les deux femmes disent qu'elles ont été refusées du restaurant en raison de leur origine. Le gérant a une tout autre version. Ce dernier a porté plainte après des menaces.

La guerre en Ukraine s'est invitée dans un restaurant parisien. Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux, on voit le gérant d'une brasserie du quartier de Montparnasse crier "Viva Poutine", à deux Ukrainiennes. Elles affirment qu'elles ont été mises à la porte de l'établissement à cause de leur origine. Une version contestée par le patron, qui leur repproche de ne pas avoir voulu consommer alors qu'elles avaient profité des toilettes.

Depuis cette vidéo qui a été vue plus de 600.000 fois, il est devenu une cible.

"Ce sont des menaces non-stop sur le portable de ma femme, des gens qui demandent l’adresse, par exemple", dit Alex Bacha, auteur de ces propos.

Des versions différentes

Par sécurité après des menaces physiques, il a demandé à son épouse d'aller vivre en Pologne, son pays d'origine. En pleine interview, par exemple, un Ukrainien l'interrompt et lui demande s'il veut se battre, avant de partir.

"J’ai accueilli une femme avec sa fille. Elle me dit 'vous allez voir ce que vous allez voir, nous sommes ukrainiennes, on va vous faire de la publicité'. C’est une menace pour moi alors j’ai dit 'vous êtes Ukrainiennes, vive Poutine', c'est venu comme ça", se défend-il.

Ces mots auraient été prononcés sous l'effet de la colère. Pour autant, il ne regrette qu'à moitié ces propos. "Pour le reste des Ukrainiens oui, mais pas pour la dame et la fille", ajoute-t-il.

"La serveuse est devenue agressive"

D'après l'avocat des deux femmes, la scène ne s'est pas passée ainsi. "Dans ce qu’elles m’ont raconté, la serveuse est devenue agressive et elle leur a indiqué que les Ukrainiens n’étaient pas les bienvenus dans leur établissement. Ça n'est pas seulement les 'viva Poutine', c’est le traitement qu’on leur a réservé au seul motif qu’elles sont Ukrainiennes", affirme maître Antoine Giraudet.

Alex Bacha a porté plainte et les deux femmes devaient aussi porter plainte jeudi soir pour "refus de service pour motif discriminatoire".

AB avec Martin Bourdin