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Policier grièvement blessé à Paris: "Il n'arrivait même pas à se rappeler de son nom"

TEMOIGNAGE RMC – Ce jeudi à Paris la manifestation contre la loi Travail a été émaillée de violences qui ont fait notamment trois blessés chez les forces de l'ordre, dont un très grièvement. Ahmed, employé de l'hôtel Jules qui a accueilli le policier blessé après les heurts qui ont lieu devant l'établissement, raconte ce vendredi sur RMC ce qu'il s'est passé.

Des violences ont émaillé jeudi certaines des manifestations organisées à travers la France contre le projet de réforme du Code du travail, la mobilisation marquant le pas à quelques jours du début de l'examen du texte par les députés. A Paris, les principales violences ont éclaté après l'arrivée du cortège place de la Nation, où 300 manifestants cagoulés ont jeté des pavés, des bouts de bitume, et même des extincteurs sur les forces de l'ordre. Des vitrines situées dans des rues avoisinantes ont été brisées.

"Ils sont venus pour faire la bagarre"

Au cours de ces violences, un policier a été très grièvement à Paris. Son état était qualifié dans l'après-midi "d'urgence absolue", reste dans un état sérieux, même s'il va mieux, a déclaré le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve après s'être rendu à son chevet à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière. Ahmed, employé de l'hôtel Jules qui a accueilli ce policier après les heurts qui ont lieu devant l'établissement, raconte ce qu'il s'est passé.

"Ils l'ont fait passer entre les manifestants, cagoulés et masqués, venus pour faire la bagarre, témoigne-t-il sur RMC. Au départ, il y a eu des cris, s'en est suivi un grand mouvement de panique. Les gens commençaient à courir dans tous les sens. Les policiers ont utilisé du gaz lacrymogène et quelques instants après j'en ai vu certains porter leur collègue blessé. Ils l'ont emmené à l'intérieur de l'hôtel. Il était sonné".

"C'est terrifiant comme situation"

"Je crois qu'il a reçu un pavé sur la tête, ajoute-t-il. Il saignait de l'oreille et était blessé au front. Ces collègues essayaient de lui parler mais il ne répondait pas, il n'arrivait même pas à se rappeler de son nom". "Les CRS sont restés pour protéger la porte, pour que personne ne rentre. A l'intérieur, il y avait environ une dizaine de policiers, poursuit encore Ahmed. On a fermé les rideaux. On avait peur que les manifestants continuent de lancer des pavés contre la fenêtre".

"Les pompiers n'ont pu intervenir qu'une vingtaine de minutes plus tard parce qu'il était impossible de passer au milieu de la foule, détaille-t-il. Au bout d'une heure environ, ils ont réussi à le faire sortir en ambulance". Toujours sous le choc, Ahmed l'assure: "C'est terrifiant comme situation".

Maxime Ricard avec Marion Dubreuil