RMC

14 juillet - Premier défilé pour les surveillants pénitentiaires: "Il est temps que le public nous connaisse"

Les surveillants pénitentiaires défileront le 14 juillet sur les Champs-Elysées.

Les surveillants pénitentiaires défileront le 14 juillet sur les Champs-Elysées. - Philippe Desmazes - AFP

REPORTAGE - Les surveillants pénitentiaires défileront pour la première fois sur les Champs-Elysées. Une fierté pour Sébastien Martinez, que RMC a pu suivre au centre de détention de Joux-la-Ville dans l'Yonne. Il espère que ce défilé permettra de mieux connaître sa profession.

Le 14 juillet, parmi les militaires et les blindés, 47 surveillants pénitentiaires défileront aussi sur les Champs-Elysées. Un souhait du garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas qui a souhaité mettre en lumière cette profession.

Chaque jour, Sébastien Martinez, surveillant au centre de détention de Joux-la-Ville dans l'Yonne endosse son uniforme. Il fait partie des 170 fonctionnaires à encadrer les 600 détenus de l'établissement. Chaque jour, il est amené à gérer des incidents plus ou moins graves. Ce jour-là, il est 16h30 lorsqu'une alarme retentit dans le talkie-walkie de Sébastien. Un détenu doit être maîtrisé. "Il a craché sur du personnel, il continue à insulter les collègues, c'est difficile", reconnaît-il. Le détenu sera conduit au quartier disciplinaire.

"Préparer les détenus à la sortie"

Dans le bâtiment principal au contraire, l'ambiance est plus détendue. Des prisonniers peuvent y circuler librement. "Une grosse partie des détenus sont libres de circulation, donc on peut les croiser toute la journée", détaille le surveillant. Pour Sébastien, le métier est bien loin des clichés du maton, imaginé par le grand public.

"Nous les surveillants on n'est pas armés et très souvent les gens pensent que nous le sommes. On n'est pas là pour donner une deuxième condamnation, on est là pour les préparer à la sortie", explique le fonctionnaire. 

Voir ses collègues défiler sur les Champs-Elysées le 14 juillet est pour lui une occasion unique de voir reconnaître sa profession.

"Il est temps de mettre le métier à l'honneur. Il est temps que le public nous connaisse. C'est un métier à part entière, qui évolue constamment", constate-t-il. 

Un métier pour lequel le ministère de la Justice aimerait créer de nouvelles vocations à travers une grande campagne de recrutement lancée l'année dernière. En manque de bras, l'administration pénitentiaire doit recruter 2.500 surveillants en 2017.

Carole Blanchard avec Antoine Perrin