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Affaire McKinsey: les oppositions se félicitent des enquêtes sur les campagnes d'Emmanuel Macron

Les oppositions se réjouissent de l'ouverture de deux informations judiciaires sur les campagnes présidentielles d'Emmanuel Macron en 2017 et 2022. L'une concerne les "conditions d'intervention des cabinets de conseils" dans les campagnes pour les présidentielles, en lien avec l'affaire McKinsey, et l'autre sur les "soupçons de favoritisme".

Le Parquet national financier a confirmé, jeudi, l'ouverture de deux informations judiciaires, en octobre, concernant les campagnes pour les élections présidentielles d'Emmanuel Macron. La première pour des soupçons de financement illégal des campagnes du chef de l'Etat en 2017 et 2022. La seconde porte sur des soupçons de favoritisme et recel de favoritisme envers le cabinet de conseil McKinsey.

Objectif pour les trois juges d'instruction: établir si le président a bénéficié à titre gratuit de l'expertise de McKinsey pendant sa campagne et si, en retour, l'exécutif a favorisé le cabinet de conseil une fois Emmanuel Macron installé à l'Élysée.

Protégé par son immunité présidentielle

Le parquet financier évoque des signalements et des plaintes d’élus, d’associations et de particuliers. Pour autant, Emmanuel Macron n’est pas nommément cité. Il est protégé par son immunité présidentielle, de fait, si les juges veulent le convoquer, ils ne pourront le faire qu'à la fin de son mandat.

L'ouverture de ces enquêtes ne manque pas de faire réagir les oppositions, notamment le Rassemblement national.

"Nous avions indiqué depuis longtemps qu’il y avait des soupçons de financement de campagne illégal. Aujourd’hui, Emmanuel Macron et ses équipes de campagne vont devoir rendre des comptes", se réjouit Sébastien Chenu, député RN du Nord.

Il ajoute: "Nous savons les proximités qu’a Emmanuel Macron avec McKinsey, elles ont été largement débattues, mais je pense que tout cela va dans le sens de ce que nous disons depuis longtemps. Il y a dans le système Macron quelque chose de pourri."

"Une très bonne nouvelle"

Le groupe McKinsey a réagi, jeudi, disant n'avoir "aucune information sur les éléments parus par voie de presse ce jour". L'Élysée s'est contenté de commenter sobrement: "Il appartient à la justice de conduire ces investigations en toute indépendance."

Pour Raquel Garrido, députée LFI de Seine-Saint-Denis, l'ouverture de cette enquête est "une très bonne nouvelle". Elle affirme que le président de la République l'avait demandé lui-même, répondant "à propos des liens qui avaient été mis à jour par la commission d’enquête sénatoriale sur les lobbies et en particulier McKinsey".

"Il avait dit lui-même, 'si on a des reproches à me faire qui relèvent du droit pénal, si vous avez des doutes sur la légalité des marchés publics, portez-le devant les tribunaux'. Maintenant, nous y sommes et je m’en félicite", conclut-elle.

AB avec Sébastien Krebs