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Arnaud Montebourg: "Macron a laissé faire l'économie et le laissez-faire est le pire en politique"

Interrogé ce vendredi dans le Bureau de Vote sur RMC quant à un éventuel désistement en faveur d'Emmanuel Macron, s'il le devance dans les sondages à la veille du premier tour de l'élection présidentielle, Arnaud Montebourg a répondu en critiquant quelque peu l'ancien ministre de l'Economie.

Sans surprise, aucun des sept candidats à la primaire organisée par le PS n'a voulu jeudi envisager de se désister en faveur de Jean-Luc Mélenchon ou Emmanuel Macron s'ils les devancent, comme le suggéraient les journalistes lors de leur premier débat télévisé. Mais Arnaud Montebourg a laissé planer le doute sur un éventuel rapprochement avec Emmanuel Macron. "Monsieur Macron est un peu Monsieur X. Est-il de droite, est-t-il de gauche. Bref, j'ai besoin de comprendre", a-t-il déclaré. Ce vendredi, dans le Bureau de Vote, sur RMC, il est une nouvelle fois resté évasif sur la question.

"Il a laissé faire le départ de Technip"

"D'abord les sondages ne sont pas les suffrages, a souligné l'ancien ministre de l'Economie. Nous verrons bien combien de Français viendront voter à la primaire de la gauche. Evidemment si nous sommes nombreux cela voudra dire qu'il y a du poids et de la force. Le reste, ce ne sont que des sondages. C'est mille personnes qui répondent au téléphone. Je ne sais pas ce que ça veut dire…" Interrogé par Jean-Jacques Bourdin quant à savoir si Emmanuel Macron avait été un bon ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg a quelque peu taclé le fondateur d'En Marche!

"Je crois que, et c'est un point de désaccord que j'ai avec lui, il a laissé faire l'économie. Pour moi, le laissez-faire c'est le pire en politique. Il a laissé faire le départ de Technip (industrie du gaz et du pétrole), un des fleurons du CAC 40. Le laissez-faire, c'est le libéralisme. Je ne suis pas pour qu'on laisse faire les féodaux de l'économie, les multinationales". (…) Et Jean-Jacques Bourdin de lui rappeler son action en tant que ministre de l'Economie pour les entreprises comme Pétroplus, Goodyear Amiens ou encore PSA Aulnay.

"On a sauvé Fagor-Brandt"

"Nous avons partiellement nationalisé PSA Aulnay. Nous sommes entrés dans le capital et nous avons sauvé PSA et les contribuables n'ont pas fait une mauvaise affaire. Cette entreprise était en quasi-faillite, se félicite-t-il. Goodyear Amiens, nous n'avons pas trouvé l'accord avec le repreneur. Pétroplus, nous n'avons pas trouvé de repreneur. En revanche, pour Rio Tinto on a sauvé la vallée de la Maurienne. Pour Florange, j'ai été interdit d'exercer ma position de nationaliser par le président de la République. J'y ai même laissé une démission sur son bureau".

"On a aussi sauvé Fagor-Brandt. (Dans ce cas-là), j'ai même été obligé de faire la banque, poursuit Arnaud Montebourg. C'est ça ne pas laisser faire. On ne peut pas tout sauver mais on doit se battre pour conserver le maximum de nos outils de travail. C'est ça le made in France. C'est cet état d'esprit".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin