RMC

Candidats à la primaire PS: qui propose quoi ?

Les six candidats à la primaire socialiste - François Hollande, Jean-Michel Baylet, Martine Aubry, Manuel Vals, Arnaud Montebourg et Ségolene Royal, posent avant le deuxième de leur débat télévisé. Ils ont détaillé mercredi soir leurs mesures prioritaires

Les six candidats à la primaire socialiste - François Hollande, Jean-Michel Baylet, Martine Aubry, Manuel Vals, Arnaud Montebourg et Ségolene Royal, posent avant le deuxième de leur débat télévisé. Ils ont détaillé mercredi soir leurs mesures prioritaires - -

Banques sous tutelle, relance de l'Europe, emploi des jeunes, restauration de la confiance dans les institutions: les six candidats à la primaire PS ont débattu ensemble mercredi soir, pour la seconde fois, à la télévision. Qui propose quoi ? Résumé ici.

Les prétendants se retrouvaient pour un deuxième et avant-dernier débat avant la primaire des 9 et 16 octobre. Plusieurs thèmes les opposent, notamment le contrat générationnel proposé par François Hollande, qui a été vivement critiqué par ses deux principales adversaires, Ségolène Royal et Martine Aubry.

Voici les grandes propositions formulées par chacun hier soir.

François Hollande

Favori des sondages, François Hollande a souligné la nécessité à ses yeux de "rétablir d'abord la confiance" en mai 2012 s'il succède à Nicolas Sarkozy. "Il faudra aller à l'essentiel dès le début", a-t-il dit, citant le poids d'une "dette publique historique". Les jeunes, a poursuivi le député de Corrèze, seront au coeur de son action. Un "contrat de générations" sera mis en oeuvre pour qu'ils "aient leur place dans l'entreprise".Un "grand plan pour l'éducation" sera en outre lancé et le Parlement engagera la réforme fiscale promise dans le projet PS.

Martine Aubry

Martine Aubry, deuxième dans les intentions de vote pour la primaire, entend donner l'exemple si elle est élue. Elle réduira de 30% le traitement du président et du Premier ministre, résorbera le déficit public en annulant "dix milliards (d'euros) de niches fiscales". L'ex-première secrétaire du PS s'engage à "relancer la croissance par l'investissement et pour l'emploi des jeunes". Elle irait voir dès le lendemain du deuxième tour de scrutin, le 7 mai, la chancelière allemande Angela Merkel "pour lui dire qu'il faut changer profondément l'Europe". Elle plaide notamment pour "une Europe qui protège" en taxant "les produits des pays qui ne respectent pas un minimum de règles sociales et environnementales". La première loi qu'elle veut faire voter "imposera l'égalité des hommes et des femmes dans les entreprises".

Ségolène Royal

Troisième dans les intentions de vote, Ségolène Royal, adversaire malheureuse de Nicolas Sarkozy en 2007, s'assigne pour mission première de "remettre de l'ordre dans la Maison France à tous les étages et surtout au sommet". "Ma première décision sera la réforme bancaire afin que les banques obéissent au lieu de commander" a-t-elle déclaré. Son Premier ministre, a-t-elle expliqué, "formera un gouvernement paritaire d'hommes et de femmes irréprochables". La présidente de la région Poitou-Charentes bloquera par décret le prix de l'essence et de 50 produits de première nécessité. Elle rétablirait l'année de formation des enseignants et les postes d'enseignants pour la rentrée 2012 (14.000 suppressions programmées l'an prochain) et veut "rendre" la retraite à 60 ans "à ceux qui ont travaillé dur et depuis longtemps".

Arnaud Montebourg

Le député de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, dont la cote remonte dans les sondages, ferait voter "une loi en urgence de mise sous tutelle des banques" s'il était élu en 2012. "Cette loi permettra de garantir vos économies, d'interdire aux banques de spéculer avec votre argent et de faire payer aux banques le prix de la crise", a dit le tenant de la "démondialisation". L'Etat, a-t-il précisé, entrerait d'autorité dans le conseil d'administration des banques "avec droit de veto les obligeant à revenir à leur mission première" - le financement des particuliers et des entreprises. Banques de dépôt et banques d'affaires seraient dissociées. "L'argent caché dans les paradis fiscaux sera rapatrié. L'évasion fiscale sera punie sévèrement et pénalement."

Manuel Valls

Manuel Valls, qui a précisé ne pas croire "aux effets d'annonce et aux formules magiques", a déclaré que sa première décision de président serait de "nommer un vrai Premier ministre, en le respectant". Une critique en creux de "l'hyperprésidence" de Nicolas Sarkozy. Il créerait "un ministère de la production industrielle pour soutenir la compétitivité" des PME-PMI. Le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet, aurait deux priorités, "relancer l'Europe, rassembler la France". Sa première initiative serait de rencontrer les dirigeants des Etats de la zone euro parce que "ce n'est pas au niveau national que nous arriverons à surmonter la crise".

REUTERS