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"Ce n'est pas mon président": après l'élection d'Emmanuel Macron, des abstentionnistes très déçus

Entre les abstentionnistes, ceux qui ont choisi de glisser un bulletin blanc dans l'urne ou le vote nul, plus de 16 millions d'électeurs ont refusé de donner leur voix à Emmanuel Macron ou Marine Le Pen. Ce lundi matin il y a donc beaucoup de personnes déçues par l'élection du candidat d'En Marche! à la présidence de la République.

Entre l'abstention et les votes blancs et nuls, un Français sur trois a refusé de choisir dimanche entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, un niveau record depuis 1969. Plus précisément, selon les résultats quasi-définitifs du ministère de l'Intérieur, en plus des quelque 12 millions d'abstentionnistes, plus de 4,2 millions des électeurs qui se sont déplacés - ils étaient deux fois moins nombreux en 2012 - ont mis un bulletin blanc ou nul dans l'urne car ils ne se sentaient représentés par aucun des deux candidats. Il y a donc beaucoup de Français déçus ce lundi matin.

"Moi, ce n'est pas mon président, assure Larry. Je ne le connais pas… C'est un inconnu, un gamin qu'on a mis là, que l'argent a mis là. Il va être incapable de gérer une République. C'est l'apocalypse". A côté de lui, sa cousine, Christine, aide-soignante à l'hôpital, a les larmes aux yeux: "C'est honteux d'avoir un président comme ça. Je ne comprends pas… Je pense à mes enfants et je me dis qu'avec un président pareil, on n'est pas sauvé. Parce que tout va être pour la haute bourgeoisie et c'est nous qui allons peiner".

"Ça me révolte, ça me dégoûte"

"Nous, on va rester comme on est, on va continuer à en chier et à aller bosser, déplore-t-elle encore. Mais ça ne va pas le toucher. Il s'en fout, il va être au chaud. Il est président, il content mais il ne m'intéresse pas et ne m'intéressera jamais". Lucas, 18 ans, a lui aussi choisi de s'abstenir pour sa première élection présidentielle car il ne se sentait représenté par aucun candidat. Il n'arrive pourtant pas à accepter le résultat.

"Il ne représente rien, estime-t-il. Il a fait partie du monde des banquiers. Il va donc s'occuper seulement de l'économie et pas du reste. Il va s'occuper des personnes qui ont du pognon. Les classes moyennes et les pauvres il ne va pas s'en occuper. Ils vont être aux oubliettes. Ça me détruit, ça me dégoûte, ça me révolte même. Je ne l'aime pas du tout".

M.R avec Marie Régnier