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Débat de la primaire à gauche: "les SDF, les ouvriers mal payés… Ils n'en ont pas parlé une fois"

Le dernier débat de la primaire à gauche était très attendu par les salariés du groupe d’habillement et de chaussure Vivarte. Alors qu'ils ont appris dans la semaine la fermeture de 147 magasins, leurs inquiétudes se sont confirmées à l'issue de deux heures d'échanges entre Manuel Valls et Benoît Hamon.

Le groupe d'habillement et de chaussures Vivarte (La Halle, Caroll...), engagé dans un vaste plan de restructuration, va finalement, selon les syndicats, se séparer du chausseur André, la marque historique à l'origine de la création du groupe. Cette cession de la marque (135 magasins, 786 salariés) a été annoncée mardi lors d'un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire à Paris. Elle est accompagnée par la fermeture de 147 magasins La Halle aux chaussures. Au total, 2.000 emplois devraient disparaître.

Alors, à Issoudun dans l’Indre, plusieurs salariés de la compagnie européenne de la chaussure (343 employés) qui gère la logistique du groupe ont regardé ensemble le dernier débat de la primaire à gauche. S'ils attendaient beaucoup de celui-ci, à la fin, leurs inquiétudes se sont confirmées. "Malheureusement, on n'a pas parlé du groupe Vivarte, se désole Philippe, délégué CFTC de l'entreprise. On avait interpellé Manuel Valls quand il était encore Premier ministre. Il n'avait jamais répondu à notre appel de détresse".

"Ils ne parlent pas du peuple dehors"

Et quand l'ancien Premier ministre évoque les bons chiffres du chômage, c'en est trop pour ce syndicaliste: "Chez Vivarte, on annonce pas loin de 2.000 licenciements. Donc, non, le chômage ne va pas mieux. C'est faux". Geneviève, préparatrice de commande au sein du groupe, a peur de perdre son travail. Déçue, elle regrette surtout le manque d'humanité des candidats: "Les SDF, les ouvriers mal payés… Ils n'en ont pas parlé une fois. Ils ne parlent pas du peuple qui est dehors".

Malgré tout, dimanche, il faudra faire un choix. "Je voterai sûrement Benoît Hamon", confie Philippe. Geneviève devrait en faire de même: "Sur les impôts, sur les sociétés, je trouve qu'il a de bonnes idées". En revanche, pour la présidentielle, rien n’est arrêté. Philippe n'a qu'un seul souhait: "Plus de concret". Et surtout des garanties pour tous les salariés du groupe dont l'emploi est menacé.

M.R avec Pauline Baduel