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La valeur locative de l'appartement de fonction d'Emmanuel Macron sous-évaluée?

Pressé par l'Observatoire de l'éthique publique et la justice, le président de la République a dévoilé sa fiche de paie où l'on découvre la valeur locative de son appartement de fonction à l'Elysée en "avantage en nature logement". Mais celle-ci est loin des standards du quartier, même si le président de l'Observatoire salue la démarche du Président, que ses prédécesseurs n'avaient pas pris la peine d'entamer. Débat dans les GG sur RMC.

Le président de la République Emmanuel Macron ferait une bonne affaire immobilière. Dans son bulletin de salaire, le chef de l'Etat a déclaré une valeur locative de 2.153,58 euros pour son appartement de fonction à l'Elysée, un 100m2 dans le très cher 8e arrondissement de Paris.

C'est sous la pression de l'Observatoire de l'éthique publique et après une décision du Tribunal administratif en septembre dernier, qu'Emmanuel Macron a été poussé à révéler son bulletin de salaire. Et sur celui-ci, une ligne indique "avantage en nature logement", comme le révèle L'Opinion. Une mention qui signifie que le président de la République ne paie pas son logement mais que cet avantage est bien soumis à l'impôt.

Ce "loyer" qu'il ne paie pas donc, serait sous-évalué. Avec 2.153,58 euros pour 100 mètres carrés, la valeur locative du bien atteint les 35 euros donc, là où les prix du quartier tournent plutôt autour de 60 euros. Pour ce même prix, les Macron pourraient se loger dans un 60m2 au mieux.

Mais ces 21.53 euros ne sont pas un loyer à propremen tparler Ce montant est calculé par la direction générale des finances publiques, sur une base applicable à tous les Français qui déclarent un avantage "logement" en nature, ce qui est différent d’un loyer d’un bien locatif sur le marché. Les montants ne peuvent donc être comparés. 

"Nos politiques sont déconnectés des prix des loyers"

"C'est bien de voir ô combien nos politiques, même les députés à l'Assemblée nationale, sont complètement déconnectés des prix des loyers, soit parce qu'ils ont des appartements de fonction, soit parce qu'ils vivent dans des HLM", déplore pourtant ce mercredi sur le plateau des Grandes Gueules l'économiste Thomas Porcher.

"C'est finalement ceux qui n'ont pas besoin d'aides (financières), qui en ont plus que ceux qui en ont besoin", ironise-t-il sur RMC et RMC Story.

A contrario, l'avocate Marie-Anne Soubré estime qu'il n'y a pas de sujet: "Allons chercher les déclarations d'impôts de François Mitterrand, vous croyez vraiment qu'il réintégrait la part de son logement dans ses impôts?", interroge-t-elle, saluant plutôt la transparence du président de la République. "On ne va pas reprocher à Macron de faire un truc qu'il est le seul à faire. C'est de la pure démagogie", ajoute Marie-Anne Soubré.

"Transparence" et "exemplarité"

Un avis partagé par le président de l'Observatoire de l'éthique publique, l'ancien député René Dozière qui salue "un exercice de transparence et d'exemplarité" de la part du président de la République: "Je ne suis pas sûr que ce soit le cas de tous les ministres qui sont logés, ni même des prédécesseurs d'Emmanuel Macron, donc c'est un pas supplémentaire", assure-t-il à France Inter.

"Cela montre de la part du président de la République une volonté d'être exemplaire en ce qui concerne son train de vie, donc c'est plutôt une bonne chose", ajoute l'ancien député.

En 2017, au début de son premier mandat, Emmanuel Macron s'était engagé à prendre en charge les frais de bouche de sa famille, rappelle L'Opinion. Bien avant lui, c'est le Général de Gaulle, premier président de la cinquième République qui avait assuré payer les factures de gaz et d'électricité lors de son séjour à l'Elysée.

G.D.