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Deux ou trois raisons de ne pas voter pour… Hollande

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, du lundi au vendredi à 8h20 sur RMC.

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, du lundi au vendredi à 8h20 sur RMC. - -

François Hollande, qui était l’invité de RMC et BFMTV ce jeudi matin, a beaucoup misé durant sa campagne sur l’anti-sarkozysme. Mais pas sûr que cela cache l’ambiguïté et le flou du candidat PS…

La raison qui saute aux yeux, c'est le décalage entre l'immensité des pouvoirs que notre Constitution donne au président, l'autorité qu'elle requiert, le caractère qu'elle suppose et ce que nous savons de Français Hollande. Si vous avez une impression de flou en le regardant et en l'écoutant, ce n'est pas votre télé ou votre radio qui est déréglée : c'est lui qui se complaît dans l'équivoque, dans une rhétorique alambiquée, pleine de tournures impersonnelles. Résultat : c'est lui qui a fait la campagne la plus longue, mais on n'en sait guère plus à la fin qu'au début. Son projet est trop imprécis pour faire impression. On voit bien comment il dépensera, mais pas où il économisera. Au total, ce qui est connu de François Hollande, c'est qu'il nous emmène vers l'inconnu.

Dans cette campagne, Hollande ne s'est-il pas contenté de miser sur l'anti-sarkozysme ?

Évidemment. Il n'a pas cherché à susciter une vague, mais à entretenir l'ambiguïté. C'est une tactique qui colle à sa psychologie. François Hollande a horreur de prendre des risques, c'est un homme qui déteste trancher, qui préfère laisser les situations se décanter d'elles-mêmes. C'est pourquoi il a laissé tant d'amertume et de frustrations au PS. De Fabius à Martine Aubry. Les éléphants ne s'y sont pas trompés : ce sont eux qui portent les critiques les plus sévères contre lui. Son modèle (revendiqué), c'est Henri Queuille, président du Conseil sous la IVe République - et élu de Corrèze, comme lui -, qui, dans notre histoire, personnifie l'indécision. On lui doit ce mot célèbre : « Il n'est de problème qu'une absence de solution ne finisse par résoudre. » Ça pourrait être la définition du hollandisme.

Il y a un autre célèbre politique corrézien, c'est Jacques Chirac. On dit beaucoup qu'il voterait pour François Hollande...

Vu qu'il a été l'exact contraire du président que François Hollande prétend être, ce n'est pas forcément un atout. Mais c'est un exemple édifiant : en Corrèze, François Hollande a toujours été un opposant féroce à Jacques. Chirac. Le symbole, c'était le musée du septennat, qu'il avait promis de fermer parce que c'est un gouffre financier. Une fois élu au conseil général, il a tout gardé, même les dettes. CQFD.

Son inexpérience du pouvoir est-elle aussi un handicap ?

Forcément. Il n'a jamais été ministre (Mélenchon, oui) - même pas secrétaire d'État aux bacs à fleurs ! Il a l'habitude de répondre qu'il a été associé de près au pouvoir sous Lionel Jospin. C'est à double tranchant parce qu'on sait comment ça s'est terminé. Surtout, il dit que s'il n'a pas été ministre, c'est qu'il n'a pas voulu l'être. Il faut se demander pourquoi. Peut-être que c'est parce qu'il n'a jamais voulu s'exposer : un ministre se juge sur les dossiers qu'il traite, sur les réformes qu'il mène. Un chef de parti ne fait que des campagnes électorales. François Hollande en a conduit beaucoup. Il était donc bien préparé pour être candidat. Ça ne veut pas dire qu'il soit prêt pour être président.

Pour écouter le podcast intégral du Parti Pris d'Hervé Gattegno de ce jeudi 19 avril 2012, cliquez ici.

Hervé Gattegno