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DSK regrette... nous aussi !

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, tous les matins à 8h25 sur RMC.

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, tous les matins à 8h25 sur RMC. - -

C'est sur TF1 que Dominique Strauss-Kahn a choisi de s'exprimer Dimanche soir. Le bilan est positif, il regrette. Nous aussi !

J'ai trouvé Dominique Strauss-Kahn à la fois sincère et concentré. C’est un jugement subjectif, mais je crois qu’il a dit ce qu’il a sur le cœur – c’est-à-dire qu’il est conscient du tort qu’il a causé aux siens et à ceux qui lui faisaient confiance, à quel point il s’en veut aussi de ce qu’il appelle une « faute morale ». Il est clair que son propos était préparé, répété. On sentait que tout n’était pas entièrement spontané ; d’ailleurs ça tranchait avec la 2è partie, sur l’économie, où il s’est montré infiniment plus à l’aise. Mais au total, je l’ai trouvé convaincant – sur son innocence comme sur ses regrets – et donc moi aussi, j’ai un regret : le regret que par sa faute, DSK ne soit plus dans le jeu politique aujourd’hui.

Est-ce qu'on ne peut pas avoir un autre regret : qu'il n'ait pas expliqué clairement ce qui s'est passé dans la suite du Sofitel, ce fameux 14 mai ?

Non. Ça, je ne le regrette pas. Qui pouvait croire qu’il allait entrer dans les détails – et qui pouvait même l’espérer ? Il faut être vraiment de mauvaise foi ou alors particulièrement voyeur et malsain pour avoir envie de savoir comment les choses se sont passées entre cet homme et cette femme. Sur ce point, ce n’est pas avec DSK que je suis d’accord mais surtout avec le procureur. Il a estimé qu’il n’y avait pas assez d’éléments crédibles pour considérer qu’un crime aurait été commis dans cette chambre. Je ne vois pas de raison d’être plus procureur que le procureur.

Une phrase de la déclaration de DSK a beaucoup retenu l'attention : celle dans laquelle il n'excluait pas qu'il ait pu être victime d'un « piège » ou d'un « complot ». Que faut-il en penser ?

Il a dit : « Un piège, c’est possible. Un complot ? Nous verrons. » C’est vrai que ça suggère au moins un soupçon. Mais compte tenu de son mea culpa, je n’imagine pas que DSK pense à une manipulation politique. Simplement, il a dit qu’il se demande pourquoi le Sofitel lui a refusé des informations sur les allées et venues du personnel que la loi permettait de donner et que l’avocat de la femme de chambre, lui, a obtenues. On peut aussi se demander comment, et par qui, le procureur a été informé de l’existence de la prétendue affaire Banon à un moment où la presse n’en parlait pas et où il n’y avait aucune plainte. Ce n’est pas le cœur de l’affaire, mais on va voir si ceux qui ont réclamé la vérité à corps et à cris vont continuer à la chercher…

Sur le plan politique, DSK a dit qu'il se tiendrait à l'écart de la primaire socialiste mais il a mis en avant son « amitié » avec Martine Aubry. Comment l'interprétez-vous ?

Il y a une contradiction manifeste mais pas forcément dans le sens le plus évident. Parce qu’il a effectivement rappelé que Martine Aubry l’avait beaucoup soutenu depuis l’affaire de New York son arrestation, en public et en privé, mais il a confirmé aussi qu’il allait être candidat au moment où il a été arrêté et qu’il y avait bien un « pacte » entre eux. Ça revient à dire que Martine Aubry est bien une candidate par défaut – on ne peut pas dire que c’est lui rendre service. En revanche, il n’a pas cité François Hollande. Compte tenu de ce qu’il pense de lui, ça c’était peut-être lui faire une fleur…

Ecoutez ci-dessous le "Parti pris" de ce lundi 19 septembre 2011 avec Hervé Gattégno et Jean-Jacques Bourdin :

Hervé Gattegno