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Edouard Philippe ne souhaite pas de loi sur les accompagnants scolaires voilées

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"L'enjeu est de combattre efficacement, les dérives communautaires" a expliqué le Premier ministre à l'Assemblée.

Le port du voile doit-il être interdit pour les accompagnants lors des sorties scolaires? Le débat est revenu au coeur de l'actualité depuis le week-end dernier et la prise à partie d'une femme voilée, accompagnatrice scolaire, par Julien Odoul, élu RN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté.

Edouard Philippe a déclaré mardi qu'il ne souhaitait pas "faire une loi sur les accompagnants scolaires", dans un contexte de polémique sur le port du voile, pointant plutôt "l'enjeu" des "dérives communautaires" et de la "déscolarisation".

"Je ne pense pas pour ma part (...) que l'enjeu aujourd'hui ce soit de faire une loi sur les accompagnants scolaires", a souligné le Premier ministre à l'Assemblée nationale, en réponse au député (LR) Jean-Louis Masson, qui l'exhortait à "sortir de l'ambiguïté".

"Serez-vous prêt oui ou non à interdire le port du voile lors des sorties scolaires?", avait lancé l'élu du Var. "L'enjeu, c'est de combattre efficacement, avec le soutien de l'ensemble de nos concitoyens, les dérives communautaires", a poursuivi M. Philippe. 

Emmanuel Macron doit s'exprimer

La majorité semble divisée sur la question. Si la loi n'interdit pas le port du voile dans cette situation, comme l'a rappelé Edouard Philippe, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer avait estimé dimanche qu'il n'était "pas souhaitable dans notre société". Si certains élus se disent prêts à voter une loi en ce sens (proposée par le député LR Eric Ciotti), d'autres préfèrent s'en tenir à la laïcité, façon loi de 1905.

Les députés LREM ne savent donc pas à quel saint se vouer. Et le malaise demeure, avec d'un côté, les tenants d'une laïcité d'abord synonyme de liberté dont fait partie Guillaume Chiche, par exemple, et de l'autre, les défenseurs d'une laïcité beaucoup plus stricte, comme la députée Aurore Bergé. 

C'est encore une fois, Emmanuel Macron qui aura le dernier mot. Le chef de l'Etat doit ainsi s'exprimer prochainement, mais on ne sait pas quand, ni ce qu'il compte annoncer.

Paul Barcelonne