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Elections législatives: vers une bérézina pour le parti d'Eric Zemmour?

Après un score assez faible à la présidentielle et sans aucun accord avec un autre parti, les élections législatives s'annoncent compliquées pour Reconquête, le mouvement d'Eric Zemmour.

Le premier tour des législatives, c'est dans trois jours seulement. Et un jeune parti semble se diriger vers la bérézina dimanche. Ce parti, c'est Reconquête, le mouvement d'Eric Zemmour. Après son score assez faible à la présidentielle, et sans aucun accord avec un autre parti, les législatives s'annoncent très, très compliquées.

"C'est possible qu'il y ait zéro député Reconquête", anticipe déjà un ancien membre de la campagne présidentielle. Et selon lui, les zemmouristes ont quelques reproches à se faire. "Chacun fait campagne dans son coin, il n'y a pas de ligne directrice", regrette celui qui a aujourd'hui pris ses distances. Il martèle: "Il fallait décider des thèmes sur lesquels faire campagne, Mélenchon a très bien fait ça".

Les dernières projections donnent au maximum deux ou trois sièges à Reconquête. Et preuve que l'ambiance n'est pas ultra optimiste, certains tentent de voir dans ces faibles sondages une bonne nouvelle. "Là, au moins, il n'y aura pas de désillusion", sourit un proche d'Eric Zemmour. Comprendre, contrairement au score décevant de la présidentielle.

Certains au sein du parti tentent quand même de voir le verre à moitié plein. "Tout le monde nous promet cette cata, mais je ne suis pas stressé par rapport à ça", lance un candidat Reconquête. Parmi les circonscriptions les plus favorables, celles d'Eric Zemmour dans le Var du jeune Stanislas Rigault dans le Vaucluse. "C'est sûr qu’on n'aura pas 90 députés. Mais si on en a un comme Eric Zemmour, ça vaut tous les groupes parlementaires possibles", essaie de se rassurer un proche du leader de Reconquête.

Parmi les candidats aux législatives, il y a Denis Cieslik. Le porte-parole de Reconquête, se veut très optimiste pour ce scrutin.

“Je ne sais pas ce que décideront les électeurs dimanche prochain. Il y a tellement de particularités locales, c’est difficile. Mais je sais qu’il y a une dizaine de circonscriptions où on considère que nos candidats peuvent être bien placés. On fait tout pour se battre jusqu’à la fin. Moi, je pense que nous aurons des députés Reconquête. Il y a un certain nombre de sondages qui sont favorables. Tout n’est pas perdu. Alors on n’aura pas une majorité absolue à l’Assemblée, il ne faut pas mentir aux gens. Mais par contre, il faut que nous ayons des députés Reconquête pour porter une parole politique forte pour peser politiquement. Il faut qu’on en ait le maximum”, indique-t-il.

Pas d'alliance avec le RN, regrettable?

Un seul regret pour lui, l'absence d'accord avec le Rassemblement National. “L’intérêt de la France eut été que le RN et Reconquête s’allient pour qu’il y ait le plus de députés possibles et avoir un bloc très fort à l’Assemblée”, affirme-t-il.

Et il n'est pas le seul à en vouloir à Marine Le Pen et ses troupes. "Ils ont refusé de dialoguer, ce n'est pas sérieux", grince un proche d'Eric Zemmour. Un autre tacle: "Ils sont là depuis 50 ans et ils n'ont toujours pas la volonté de vraiment gagner".

Mais au Rassemblement National, aucune pitié envers Reconquête. Après la présidentielle, Marine Le Pen a clairement fait savoir qu'un accord ne l'intéressait pas. Et à quelques jours du scrutin, ses troupes sont tout aussi catégoriques. “Ils vont terminer autour de 3% et ils n’auront aucun député. Voter pour eux ne sert strictement à rien" tranche un cadre du RN. Il faut dire que le départ de plusieurs membres du RN ces derniers mois vers les équipes d'Eric Zemmour n'a pas aidé à la réconciliation.

Un mariniste grince. "Ils ont perdu leur pari qui était de ‘tuer ‘ le RN". Au point d'enterrer déjà ses concurrents: "L'histoire des zemmouristes se termine le 12 juin au soir…", prédit ce proche de Marine Le Pen.

Le service politique de RMC