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Elections législatives: pourquoi des partis investissent des candidats "fantômes"

Le premier tour des élections législatives, c'est ce dimanche. Et parmi les candidats investis par les différents partis, certains sont inconnus du grand public. Souvent, ils ne se donnent même pas la peine de faire campagne, car le but est tout autre: assurer la survie financière des partis politiques.

Si elles ne semblent que trop peu intéresser les Français, les élections législatives, dont le 1er tour est prévu ce dimanche, sont aussi et surtout le moment clé où les partis politiques jouent leur survie financière. Plus les partis récoltent de voix, via leurs candidats répartis dans les 577 circonscriptions du pays, plus ils sont susceptibles d'assurer leur pérennité et de financer d'autres campagnes. C'est pour cela que les plus petits partis n'hésitent pas à présenter des candidats "fantômes", complètement inconnus du grand public.

Vous ne les croiserez pas sur les marchés, vous ne verrez peut-être jamais leurs affiches et pourtant, tous sont bien candidats aux législatives. Parmi eux, Jean-Marc Governatori, conseiller municipal à Nice, en lice dans le Finistère, ou encore le représentant du Parti Breton à Lorient, qui réside en réalité à Dijon.

Il y a aussi cette candidate totalement inconnue dans le Doubs, investie par Les Patriotes. Pourtant, le président de ce parti Florian Philippot refuse de parler de candidatures fantômes.

“Je ne sais pas si nous pourrons avoir des élus. Le but pour l’instant, c’est d’installer une nouvelle force politique dans nos communes et dans nos départements. Ça nous permet d'avoir des centaines de candidats. Ce sont des hommes et des femmes qui n’ont souvent jamais fait de politique auparavant”, assure-t-il.

Un enjeu financier majeur

Derrière ce qui s'apparente à une stratégie politique, il y a une affaire de gros sous, explique le politologue Jean Petaux.

“66 millions d’euros sont consacrés annuellement au financement public des partis politiques. Mais il faut que ces candidats dépassent les 1% de suffrages exprimés et il faut qu’il y en ait 50 qui fassent ça pour déclencher la timbale", détaille-t-il.

Une fois ces conditions remplies, les partis touchent 1,64 euro par voix, ce qui leur permet souvent d'assurer leur survie financière.

Paul Barcelonne avec Guillaume Descours