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"Ma voix n'est pas utile": pourquoi les jeunes se désintéressent des élections législatives

Si certains ne savent pas qu'il y a des élections législatives ce dimanche, d'autres s'abstiennent par choix. C'est le cas de nombreux jeunes qui ne se sentent plus représentés par les politiques actuels.

Entre 52 et 56% des électeurs ne se rendront pas aux urnes ce dimanche selon une enquête Ipsos Sopra-Steria pour le Cevipof, la Fondation Jean Jaurès et Le Monde publiée mercredi. Ce serait un record pour un premier tour d'élections législatives. Le taux d'abstention s'élevait à 51,3% il y a cinq ans.

Une campagne qui ne semble pas passionner les Français. Seulement un sur deux déclare s’intéresser vraiment aux législatives. Parmi ceux qui revendiquent de s'abstenir, Maelly affirme qu’elle ne prendra pas cinq minutes pour aller voter ce dimanche.

“Ma voix n’est pas utile. Ça ne va pas avoir un impact sur le score final”, assure-t-elle.

D'autres, comme Morgane, ne comprennent pas l'enjeu de cette élection. "Ça ne nous intéresse pas forcément. Les présidentielles, c'était beaucoup plus intéressant”, juge-t-elle.

Des jeunes, mais pas que

Et parmi ceux qui ne se déplaceront pas aux urnes, il y a aussi les déçus. C'est le cas de Mélia, qui avait donné sa voix au parti d'Emmanuel Macron il y a cinq ans.

“Je ne fais plus confiance à personne et je n’ai plus envie d’aller voter clairement. On nous pousse à faire des études pour au final qu’on ait tous la même situation à se retrouver au chômage, à galérer pour trouver un emploi. Ils ne nous représentent pas. Ça me dégoûte en fait”, assure-t-elle.

Ces abstentionnistes sont tous jeunes, la trentaine ou moins. Mais d'autres profils pourraient les rejoindre. Pour la première fois, à 74 ans, Martine hésite à aller voter.

“J’avais voté Macron mais il faut reconnaître que c’est pas… Les Républicains c’est la même chose, Mélenchon moi je ne veux pas. Je ne me reconnais pas, je ne me reconnais plus dans cette société”, indique-t-elle.

D'autres songent à s'abstenir car ils n'ont pas fait leur procuration. Il n'est pas encore trop tard, mais mieux vaut faire la démarche d'ici vendredi.

Nicolas Traino et Maryline Ottmann avec Guillaume Descours