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Elections régionales: portrait de cette France qui ne vote pas

Seulement un Français sur deux est certain d'aller voter ce dimanche (sondage Elabe/Les Echos)

Seulement un Français sur deux est certain d'aller voter ce dimanche (sondage Elabe/Les Echos) - AFP

REPORTAGE - Le premier tour des élections régionales se déroule ce dimanche. Au-delà de savoir quel parti va arriver en tête, l'autre question en suspens est de savoir quel sera le niveau d'abstention. A ce jour, seulement un Français sur deux se dit certain d'aller voter, selon un sondage Elabe pour Les Echos.

Une élection loin de mobiliser les foules. Alors que ce dimanche se tient le premier tour des élections régionales, à la question "Qu'avez-vous prévu de particulier ce jour-là?", les réponses divergent. En voici un petit florilège entendu dans les rues de Paris: "Rien de particulier", "Je vais à la campagne", "Je vais à la messe", "Je n'ai rien de prévu pour l'instant, pourquoi? Qu'est-ce-qu'il y a de particulier?"

Et même avec une piqûre de rappel, tout le monde ne se rendra dans l'isoloir. C'est le cas de David et Marine, en couple. Chacun à une bonne raison. "Moi, je serai au travail toute la journée donc je ne pourrai pas aller voter", justifie-t-il. Et elle explique "voter dans le Sud et ne pas pouvoir s'y rendre". Il y a aussi les irréductibles: ceux qui ont choisi de rester chez eux et qui l'assument.

"Je préfère ne rien faire que mal faire"

C'est le cas d'Olivier, kiné en région parisienne: "J'ai toujours dit que je ne voterai pas parce que je ne suis pas convaincu par mon vote. Je préfère ne rien faire que mal faire donc je préfère ne pas voter que voter par défaut ou même voter blanc". Pour autant, moins d'un mois après les attentats, peut-il y a voir une remobilisation de l'électorat?

"On mesure une légère progression du taux de participation, certifie Bernard Sananès, président de l'institut de sondage Elabe. Si elle dépasse la barre des 50%, on pourra dire effectivement qu'il y a eu un effet de remobilisation, d'attachement à la liberté, à la démocratie sans doute plus fort que ce qui était prévu". A noter qu'après les attentats de janvier, l'abstention aux élections départementales avait reculé de plus 5 points par rapport à 2011.

Encore possible de faire une procuration:

En théorie vous avez jusqu'à samedi, la veille du scrutin. Mais mieux vaut ne pas tarder puisqu'il faut que la commune où vous êtes inscrit ait reçu votre procuration à temps. La démarche se fait au commissariat, à la gendarmerie ou au tribunal d'instance le plus proche de votre domicile. L'ambassade ou le consulat si vous êtes à l'étranger.

Il vous suffit de vous munir d'une pièce d'identité et de remplir un formulaire. Pour gagner du temps, vous pouvez le télécharger sur le site du ministère de l'Intérieur et l'imprimer chez vous. On vous demande de désigner un mandataire, la personne qui va voter pour vous. Elle doit être inscrite dans votre commune, mais pas forcément dans le même bureau de vote. Et c'est tout: votre mandataire n'a plus qu'à glisser le bulletin dans l'urne à votre place. La démarche est entièrement gratuite.

M.R avec Julien Coudrot