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Régionales: à Sochaux, "c'est vraiment dur de trouver du travail, on prend ce qu'il y a"

Sandrine et son fil Mathias, devant l'usine PSA de Sochaux (Doubs).

Sandrine et son fil Mathias, devant l'usine PSA de Sochaux (Doubs). - Marie Régnier - RMC

VOUS VOULEZ QUE ÇA BOUGE ? - Jusqu'au 6 décembre, date du premier tour des régionales, notre reporter Marie Régnier parcourt la France à la rencontre des électeurs. Ce lundi, c'est à l'usine PSA de Sochaux que RMC s'est rendue. Une usine qui a fait travailler les familles de toute la région, de génération en génération.

Ici, les parents racontent des histoires de lion à leurs enfants depuis des générations. Pas le lion de la savane, celui qui orne les voitures Peugeot, construites dans l'usine PSA de Sochaux depuis le 19e siècle. Le site de Sochaux emploie encore aujourd'hui 12.221 salariés qui fabriquent chaque jour 1.801 véhicules très exactement. Plus de 12.000 salariés, c'est une ville dans la ville. D'ailleurs, le site de production occupe à lui seul 259 hectares.

C'est ici que travaille depuis 15 ans Sandrine. Rendez-vous a été fixé avec elle juste à côté de l’entrée de l'usine Peugeot. Il ne faut pas trainer, Sandrine et son fils Mathias sont "de l’après-midi", comme on dit. Leur journée débute à 13h12 tapantes. Et attention à ne pas être en retard, la pointeuse est plutôt du genre à jouer de la délation. "Maintenant on est obligé de badger, on ne peut plus entrer comme ça", se désole Sandrine.

"Pour l'instant il n'y a pas d'embauches"

Il y a deux ans, elle a été rejointe par son fils sur les lignes de production. Mais le contexte est très différent. "Moi j'ai fait deux mois et demi d'intérim et j'ai été embauchée directement, raconte Sandrine. C'était au lancement de la 307. J'ai eu de la chance. Et j'espère que demain des portes s'ouvriront pour les jeunes".

Mathias espère lui aussi. Après un CAP de… paysagiste, il s'est "retrouvé à l'usine, en intérim". "J'ai fait trois missions, il me reste une semaine et après on verra bien. Moi j'espère un CDI mais pour l'instant il n'y a pas d'embauches". On n'est plus au début des années 2000, et "ici c'est vraiment dur de trouver du travail, on prend ce qu'il y a". "Quand j'étais petit, je ne me voyais pas à la chaîne", avoue-t-il d'une petite voix fluette.

"Quand on voit le taux de chômage…"

Sandrine acquiesce: "Il a eu la chance de visiter l'usine quand il était plus jeune, justement pour voir ce que c'était que le travail à la chaîne. Il rigolait, disait qu'il ne viendrait jamais chez Peugeot. Et puis finalement il a fait comme beaucoup de monde ici, il est venu travailler là. C'est peut-être un manque d'orientation, pas assez de travail à l'école, mais quand je vois des gosses qui ont des bagages, le bac… je me dis non, ce n'est pas pour ça". "Quand on voit encore ce qu'ils ont annoncé comme taux de chômage… ça fait peur (9,4% de taux de chômage au deuxième trimestre 2015 en région Franche-Comté)". Un fils qui va à l'usine parce qu'il n'a pas le choix, une maman qui s'inquiète pour son fils… les histoires de lion fascinent un peu moins les enfants de la région.

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Philippe Gril avec Marie Régnier