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Entre la diplomatie et Borloo, Rama a choisi...

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Rama Yade a annoncé hier mercredi sa démission du poste d’ambassadrice auprès de l’Unesco. Entre son engagement pour Jean-Louis Borloo et la diplomatie, l'ancienne secrétaire d'État a choisi. De justesse...

La vérité serait plutôt qu’on l’a sommée de choisir. Cela faisait des semaines que l’Elysée critiquait son ralliement au Parti radical et à Jean-Louis Borloo. L’ex-protégée de Nicolas Sarkozy s’est mise sous l’aile de l'ancien ministre de l'Ecologie et ça, évidemment ça ne plait pas, mais alors pas du tout à Nicolas Sarkozy. Le message envoyé depuis des semaines à Rama Yade, c’était : « si tu restes avec Borloo, tu vas tout perdre, à commencer par ton job ». A vrai dire, elle n’avait donc plus vraiment le choix. Il y a deux mois, en avril, c’est Alain Juppé lui-même qui l’avait reçue pour lui faire la morale et lui rappeler ses « obligations de réserve imposées » aux ambassadeurs.

Le devoir de réserve n’a jamais vraiment été la tasse de thé de Rama Yade

C’est vrai. Elle s’était notamment distinguée en saluant à sa façon l’arrivée du dirigeant libyen à Paris en novembre 2007. Elle avait ajouté le lendemain : « Notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits. La France ne doit pas recevoir ce baiser de la mort ». Hier soir, Jean-Louis Borloo était trop fier de sa jeune recrue. « Vous vous rendez compte la femme qui a dit non à Kadhafi, celle qui aujourd’hui dit non à Sarkozy, elle m’a dit oui » m'a-t-il confié, aussi attendri et fier qu’un jeune marié.

Cette démission veut-elle dire que Jean-Louis Borloo sera candidat ?

En tous cas elle envoie au moins deux signes. D’abord, Rama Yade n’est pas idiote. Si elle fait ce choix, c’est qu’elle a sans doute du boulot pour les prochains mois. Et son boulot, je vais vous le dire, c’est porte-parole du candidat Borloo. Deuxième indice, Rama Yade a envoyé une lettre à Nicolas Sarkozy il y a quelques jours pour lui dire qu’elle allait « s’investir plus encore pour Jean-Louis Borloo, ce qui requiert du temps et une liberté qui n’a pas de prix ». Une lettre qui a provoqué la colère du président, qui parle de trahison d’une femme politique qu’il a créé et nommée ensuite à l’Unesco. Réponse de Rama Yade: « Parce que sinon, avant, j'étais dans la brousse c'est ça ? (...) J'existais avant, j'existerai après ». Pour Sarkozy, elle ne pouvait pas choisir pire ralliement que Borloo. Car pour lui, sa candidature serait la plus grave. Autant il ne croit pas une seconde à celle de Villepin, autant celle de Borloo est dangereuse pour son score au premier tour. A tel point que 53 proches de Jean-Louis Borloo ont fait l’objet de pressions voire de menaces de la part de l’Elysée ou de l’UMP. 53… C’est Jean-Louis Borloo lui-même qui tient les comptes au jour-le-jour.

Qu'attend Jean-Louis Borloo pour franchir le pas ?

Je crois que nous n’aurons pas à attendre très longtemps. Selon nos informations, son calendrier s’accélère. Prévue au départ à la rentrée, en septembre, sa déclaration devrait intervenir dans les prochains jours, depuis Valenciennes. « Je ne peux pas laisser mes proches être menacés et intimidés, il en va de ma responsabilité de monter au front » confie Jean-Louis Borloo. Comme si l’inquiétude de Nicolas Sarkozy semblait avoir sur lui l'effet d'un dopant.

Ecoutez ci-dessous « Les coulisses de la politique » de ce Jeudi 16 juin 2011 avec Christophe Jakubyszyn et Jean-Jacques Bourdin :

Christophe Jakubyszyn