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"Expliquez-nous": à quoi sert un sommet du G7?

"EXPLIQUEZ-NOUS" - Nicolas Poincaré revient ce jeudi sur la tenue du G7 ce weekend à Biarritz et estime que ce grand rendez-vous ne sert plus à grand chose.

Le sommet du G7 se tient samedi et dimanche à Biarritz. Mais à quoi sert un sommet du G7 ? A rien ! Ou presque rien. Pour vous le démontrer, prenons celui de l’an dernier. C’était à Malbay, au Québec.

L’enjeu c’était le commerce mondial. Laborieusement, les 7 étaient arrivés à un communiqué commun. Mais Donald Trump avait aussitôt changé d’avis, dans son avion du retour. il avait retiré sa signature du communiqué en envoyant deux tweets rageurs. Bilan du sommet de Malbay. zéro.

Prenons l’année d’avant: 2017. C’était à Taormine, en Sicile. Le thème c’était le climat, et l’enjeu c’était de convaincre les USA de ne pas sortir de l’accord de Paris. Quelque semaines après les Etats-Unis sortaient des accords. Bilan? Zéro.

Prenons le sommet 2016 au Japon. Un communiqué final insipide. Aucune décision dont on puisse se souvenir trois ans après.

"Ces sept là ne sont plus les plus grands dirigeants de la planète"

On pourrait poursuivre, mais prenons plutôt les choses plus globalement. Il y a eu 45 sommets du G7 depuis sa création en 1975. Que retient-on ?

La création de la BERD en 1990. La banque qui a financé les pays de l’Est après la chute du mur de Berlin. La création d’un fonds mondial de lutte contre le Sida et le paludisme, qui a eu des vrais résultats. La création d’un organisme de lutte contre l’argent sale. Et voilà.

Le G7 serait tout de même l’occasion d’une rencontre entre les plus grands dirigeants de la planète. 

"Une sorte de séminaire pour créer des amitiés"

Oui sauf que ces sept là ne sont plus les plus grands dirigeants de la planète. C’était l'idée de départ de Valéry Giscard-d'Estaing et de l’allemand Helmut Schmidt, juste après la crise pétrolière de 1974. Une réunion annuelle des présidents ou Premiers ministres des six pays les plus riches. On disait les plus industrialisé.

A l’époque ces sept pays représentaient 70 à 80% du PIB mondial. Aujourd’hui c’est environ la moitié seulement. Le vrai G7 réunirait aujourd’hui dans l’ordre, les Etats Unis, la Chine, le Japon, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, la France et l’Inde. Et serait exclus l'Italie et le Canada.

En fait, le nouveau format qui signifie quelque chose c’est le G20, créé en 1999 et qui a prouvé son utilité lors de la crise financière de 2008. Cette réunion à 7, ce n’est plus qu’une survivance du XXe siècle. Une sorte de séminaire pour créer des amitiés. C’était là encore l'idée de départ. Une occasion unique d’échanger de façon informelle et de fumer le cigare entre membres du club.

"13.000 policiers pour protéger cette petite réunion à 7"

En 2011, lors qu’un sommet au Canada, un paparazzi Français, Pascal Rostain avait réussi à se faire inviter pendant 48 heures au coeur du sommet. Et ses photos avaient fait le tour du monde. On y voyait les présidents très très décontractés, les pieds sur la table, une bière à la main. Et Pascal Rostain m’avait raconté leur blagues de potaches, entre hommes, parce que naturellement ce sont surtout des hommes.

Sauf que cette année l’ambiance sera différente. Entre Donald Trump qui est furieux de ne pas pouvoir racheter le Groenland et qui ne veut pas entendre parler de la taxation des géants d’internet.

Boris Johnson, l'Anglais qui ne pense qu'à quitter l’Europe. Et qui va se retrouver entouré d'européens. L’italien Giuseppe Conte qui vient de démissionner de son poste de Premier ministre, qui vient quand même, mais qui aura la tête ailleurs. Bref le séminaire risque d'être moyen. Sans parler du fait qu’il faut compter 13.000 policiers pour protéger cette petite réunion à 7.

Nicolas Poincaré