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Fêtes de fin d'année: le gouvernement au chevet des plus fragiles

À quelques jours du réveillon de Noël, le gouvernement joue la carte de la solidarité. Plusieurs ministres vont se déplacer, toute la semaine, dans des associations et dans des centres d'hébergement qui subissent de plein fouet la hausse des prix et l'augmentation du nombre de bénéficiaires.

C'est assez habituel à cette période, mais cette année, les conditions se sont terriblement dégradées. Les associations qui viennent en aide aux personnes les plus fragiles financièrement ou socialement vont avoir de la visite cette semaine.

Plusieurs visites des membres du gouvernement sont prévues. Élisabeth Borne sera ce mercredi soir, avec deux ministres, dans un centre d'hébergement pour jeunes femmes sans domicile fixe. Elle a aussi prévu un déplacement consacré à l'enfance vendredi, selon une source gouvernementale.

Ce mercredi matin, c'est Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, qui rencontre le patron des Restos du Coeur dans un centre de distribution parisien. L'association a besoin d'aide: fin novembre, elle disait recevoir 12% de personnes en plus par rapport à la même période l'année dernière. Parmi les bénéficiaires, il y a 110.000 bébés de 0 à 3 ans.

"Un peu artificiel"

Il sera sur place avec Jean-Christophe Combe, ministre des Solidarités. Sa fonction l'oblige, alors il va enchaîner les déplacements jusqu'au 24 décembre, auprès de personnes âgées et du centre du 115 de Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Charlotte Caubel, secrétaire d'État chargée de l'Enfance, et Olivier Klein, ministre délégué chargé du Logement, passeront le réveillon avec des enfants placés et des sans-abris.

"C'est un ballet assez classique à cette période de l'année. Ce n'est pas que pour des mauvaises raisons, mais c'est un peu artificiel", regrette un membre de la Fondation Abbé Pierre.

Des associations en grande difficulté

Pour autant, ces rencontres sont nécessaires tant les associations font face à de grosses difficultés liées à l'inflation. Elles tirent toutes la sonnette d'alarme.

Car si le nombre de bénéficiaires augmente, les associations sont aussi directement touchées par la hausse des prix. Ceux de l'alimentaire déjà, car elles achètent elles-mêmes certains produits pour les redistribuer et il y a le coût des locaux qu'elles louent grimpe avec l'électricité et le gaz. Les bénévoles aussi sont touchés et ils sont de moins en moins nombreux.

C'est d'ailleurs le message du président des Restos du Coeur à l'exécutif ce matin: "On a besoin d'un signal fort du gouvernement pour poursuivre nos missions", explique un porte-parole. 

L'inflation va continuer en 2023

En plus de cela, le froid de ces derniers jours a malheureusement révélé le manque de places d'hébergement.

"Les fêtes arrivant, le gouvernement a quand même pris la mesure de l'urgence", estime un responsable associatif. Il poursuit: "Mais on reste dans la gestion au thermomètre. C'est bien de visiter les Restos, mais c'est encore mieux d'avoir des réponses structurelles pour sortir les gens de la rue".

L'inflation ne va pas s'arrêter maintenant. En 2023, le prix des péages sur les autoroutes devrait augmenter de 4.75%. En 2022, les prix de l'alimentaire ont déjà subi des hausses avec une moyenne de 11 % en plus.

AB avec Romain Cluzel