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Fusion des listes de gauche en Normandie: "Chacun reste lui-même"

Nicolas Mayer-Rossignol, tête de liste PS en Normandie, au soir du premier tour des régionales, dimanche.

Nicolas Mayer-Rossignol, tête de liste PS en Normandie, au soir du premier tour des régionales, dimanche. - AFP

TEMOIGNAGES - En Normandie, la liste socialiste va se maintenir au second tour des régionales dimanche. RMC était à Rouen, pour comprendre comment cette nouvelle gauche plurielle normande a vu le jour.

Pas de retrait de liste en Normandie: c'est une triangulaire qui attend les électeurs dimanche prochain. Au premier tour, c'est Hervé Morin pour l'alliance Les Républicain-UDI-MoDem, qui est arrivé en tête (27,91%), avec 2.000 voix seulement devant Nicolas Bay, le candidat du Front national (27,71%).

Derrière, à 23% des suffrages, la liste socialiste, qui va se maintenir, et pour cause: elle va pouvoir bénéficier d'une réserve de voix, que n'ont pas ses concurrents. Communistes à 7% et écologistes à 6% ont fusionné avec les socialistes. Une union des gauches locale, si difficile à établir au niveau national.

"J'aimerais que ça soit le cas plus souvent"

RMC était à Rouen, pour comprendre comment cette nouvelle gauche plurielle normande a vu le jour. A la fédération socialiste de Rouen, on s'affaire en cette nouvelle séance de préparation de meeting. Et la tâche est ardue: intégrer jeunes communistes et jeunes écologistes. La fusion des listes demande un peu d'improvisation, un peu d'organisation, mais Laura, est ravie.

"Oui, ça fait du bien", reconnaît-elle au micro de RMC. "J'aimerais que ça soit le cas plus souvent encore. Mais voilà, il n'y a pas de collectif sans être capable d'entendre ce que dit l'autre".

"Je vais continuer à dénoncer avec responsabilité"

C'est avec le communiste Sébastien Jumel, que les discussions ont été les plus longues. Finalement il s'est rallié au PS, presque contraint et forcé.

"Chacun reste lui-même", s'explique-t-il. "Je vais continuer à dénoncer les choses qui ne vont pas au plan national, mais je le fais avec la responsabilité de ceux qui ne font pas de concessions à la droite et à l'extrême droite". 

La politique: tout sauf des mathématiques

Nicolas Mayer-Rossignol, le président PS sortant du conseil régional de Haute-Normandie, est donc celui qui bénéficie de ce ralliement. Il lui aura fallu un peu moins de 24 heures pour convaincre.

"Il faut arrêter avec les postures", demande-t-il. "L'extrême droite est aux portes de la région qui a libéré l'Europe, des plages du Débarquement. Donc on a aussi à être à la hauteur de cette responsabilité-là".

Avec ces fusions, un calcul basique mettrait la gauche devant ses listes rivales, avec quasiment 37% des suffrages. Mais le candidat socialiste, le répète: la politique, c'est tout sauf des mathématiques.

C. P. avec Thomas Chupin