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"Il a bien servi les intérêts du lobby viticole": Emmanuel Macron critiqué pour sa récompense par la Revue du vin de France

Emmanuel Macron a été désigné "personnalité de l'année 2022" par la Revue du vin de France. Une récompense qui irrite Bernard Basset, médecin et président d’Association Addictions France.

Une récompense pour Emmanuel Macron. Le président de la République a été désigné "personnalité de l'année 2022" par la Revue du vin de France, pour "son engagement constant en faveur du vin et de sa culture". Mais pour Bernard Basset, médecin et président d’Association Addictions France, c’est un "mauvais symbole". "C’est un mauvais symbole mais je trouve que c’est amplement mérité, déplore-t-il ce jeudi dans ‘Apolline Matin’ sur RMC et RMC Story. Il a bien servi les intérêts du lobby viticole."

"Il est distingué comme politicien de l’année, mais il aurait pu être distingué pour l’ensemble de son œuvre, ajoute Bernard Basset. Même avant d’être président, il a beaucoup aidé le vin. Il a affaibli la loi Evin en élargissant les possibilités de publicité pour tous les alcools. Il a refusé d’agrandir le logo d’information pour les femmes enceintes sur les bouteilles, qui est microscopique. Dernièrement, il a refusé de soutenir une campagne qui vise à évaluer son rapport avec l’alcool, qui s’appelle le défi de janvier, qui a été repris par des associations."

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Emmanuel Macron à la botte des lobbies ? "Pour le lobby viticole, c’est absolument clair"

Ce prix, Emmanuel Macron le reçoit en plus au mois de janvier, en pleine opération "Dry January". "Ce n’est pas complètement un hasard, souligne le président d’Association Addictions France. Le lobby a choisi cette date et le président s’y prête, pour montrer que lui, il soutient la consommation d’alcool. Toutes ces initiatives citoyennes qui visent à évaluer le rapport qu’on a avec l’alcool, et la place de l’alcool dans notre vie sociale, évidemment le président ne soutient pas."

Emmanuel Macron serait-il donc à la botte des lobbies ? "Oui, pour le lobby viticole, c’est absolument clair, estime Bernard Basset. Je ne suis pas sûr que ça l’avantage. C’est une position très passéiste, je dirais même assez ringarde. On voit bien que les préoccupations de la société française sont assez fortes sur les risques de la consommation d’alcool. Il y a quand même 35% des gens qui déclarent relever ce défi de janvier. 35% de la population, c’est énorme quand même."

Pour le médecin spécialiste des addictions, "il faut diminuer son niveau de consommation d’alcool". "Il y a à peu près 90% des gens qui boivent de l’alcool. Ça fait 41.000 morts quand même (par an). C’est une des premières causes d’hospitalisation. Ce sont 8.000 handicaps à la naissance qui pourraient être évités. On a l’un des niveaux de consommations les plus élevés au monde. L’intérêt du défi de janvier, c’est qu’on voit qu’à terme, les gens boivent moins. C’est une prise de conscience. Toutes les consommations d’alcool ne sont pas obligatoires, dans les occasions de convivialité, de rencontre, amicales, festives, professionnelles. C’est très important."

LP