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Immigration: Emmanuel Macron "à côté de la plaque" selon Robert Ménard

Maire de Béziers, Robert Ménard est contre l’idée d’Emmanuel Macron d’accueillir davantage de migrants à la campagne.

Faut-il aider les migrants à s’installer à la campagne plutôt que dans les grandes villes, essentiellement d’Ile-de-France? Emmanuel Macron a lancé l’idée, à laquelle se montre favorable Didier Leschi, le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). "Je pense que c'est une bonne solution, a indiqué ce dernier sur RMC ce mardi. C’est beaucoup plus difficile de se loger en Île-de-France avec des loyers exorbitants que de se loger dans des petites villes ou même à la campagne. Tous les ans, nous donnons un titre de séjour à 30.000 ou 40.000 réfugiés. Je pense que notre devoir est de les orienter vers du travail et vers des zones où ça sera plus facile d’habiter et d’organiser une sociabilité pour eux. C'est une question d'aménagement du territoire."

Robert Ménard, lui, est contre cette proposition. Même s’il prend ses distances Marine Le Pen sur certains sujets, comme la politique internationale, le maire de Béziers la rejoint sur celui de l’immigration. "Elle a raison sur deux questions, essentielles, explique-t-il dans "Apolline Matin" ce jeudi sur RMC. Ce sont les deux grands manquements, les deux grandes erreurs, de monsieur Macron. Un, la sécurité. Il y a partout ce sentiment d’insécurité. Et deux, l’immigration, qui est un vrai problème. Je ne pense pas qu’on puisse réduire à zéro l’immigration. Mais quand, face à cette crainte de l’immigration massive qu’on n’arrive pas à intégrer, on entend monsieur Macron dire en gros qu’on n’a qu’à mettre les immigrés à la campagne, c’est être à côté de la plaque."

"Si tout un tas de gens vont dans des villages, c’est justement parce qu’ils ne veulent pas être face à l’immigration, assure Robert Ménard. Il faut ne jamais sortir de l’Elysée pour ne pas s’en apercevoir. Moi, je propose à Emmanuel Macron de revenir chez moi. Je lui ferai rencontrer des gens dans les villages. Ils lui expliqueront pourquoi ils sont là."

"Il faut contrôler l’immigration"

Selon Robert Ménard, il faut d’abord "appliquer la loi" sur les reconduites à la frontière. "Je suis président d’un centre d’accueil pour les demandeurs d’asile. Sur 100.000 par an, 60% se voient refuser le statut de réfugié politique. La loi dit quoi ? Elle dit que les gens qui se voient refuser le statut doivent être reconduits à la frontière. Ça fait huit ans que je préside ça, je n’ai pas vu une seule fois quelqu’un reconduit à la frontière. Les gens restent ici. Ils savent que d’ici quatre à cinq ans, ils seront intégrés à la France. L’asile politique, c’est la grandeur de notre pays. Là, on dévoie ce système pour accueillir des gens."

Et le maire de Béziers estime que le président de la République n’a "absolument rien fait" pour contrôler l’immigration. "Il nous dit qu’on accueille mal l’immigration. Mais qui a élargi encore le regroupement familial ? C’est encore monsieur Macron. J’approuve monsieur Macron sur d’autres choses mais là-dessus, un peu de modestie. Et qu’il commence par appliquer la loi. Je suis un maire républicain, je veux juste qu’on applique la loi. Elle n’est pas appliquée, tout le monde le sait. Je comprends que les gens veuillent venir en France. L’immigration zéro, je n’y crois pas et je ne crois même pas que ça soit souhaitable. Mais il faut contrôler l’immigration. Et ce n’est pas être d’extrême-droite. Le Canada contrôle l’immigration et je ne crois pas que ça soit un pays d’extrême-droite."

LP