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Immigration: accueillir les demandeurs d'asile en zone rurale, "une bonne solution" selon l'OFII

Jeudi dernier, alors qu'il s'exprimait devant les préfets, Emmanuel Macron a esquissé les contours du projet de loi asile et immigration, attendu début 2023. Parmi les propositions, l'idée d'accueillir les demandeurs d'asile dans les territoires ruraux. Une bonne solution selon Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, invité sur RMC et RMC Story, ce mardi.

Faut-il accueillir davantage les demandeurs d'asile dans les territoires ruraux de la France? C'est une proposition lancée par Emmanuel Macron, lors d'un discours devant les préfets jeudi dernier.

Il a affirmé qu'un projet de loi sur l'asile et l'immigration serait déposé début 2023. D'après le chef de l'État, la politique française en matière d'accueil est "absurde", car les nouveaux arrivants sont placés dans des territoires déjà en difficulté économique et surpeuplés.

"Je pense que c'est une bonne solution", a déclaré Didier Leschi, directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), sur RMC et RMC Story, ce mardi. Il rappelle qu'un "demandeur d’asile sur deux vient s'enregistrer en Île-de-France".

Une chance pour les zones rurales?

D'après lui, plusieurs expériences ont porté leurs fruits, notamment à la suite du démantèlement de la jungle de Calais en 2016. Pour autant, il reste de nombreuses interrogations.

"Il y a la question des transports, le sujet de l’école. Je rappelle que les 105.000 Ukrainiens qui sont arrivés en deux mois, si on ne les avait pas répartis sur l'ensemble du territoire, on aurait eu des difficultés. C’est une politique qui doit se construire."

"Cette année, l’office français de l’immigration organise l’arrivée de 15.000 saisonniers étrangers pour aller dans les campagnes faire les vendanges et ramasser les fruits", souligne-t-il. Ces jeunes viennent de la Tunisie et du Maroc, essentiellement. Une main d'œuvre qui se fait de plus en plus rare.

"Au moment du confinement, nous avons eu beaucoup de difficultés à recruter de la main d'œuvre pour les campagnes, pour les fruits, etc. Ce sont des politiques publiques qui se construisent." La situation se répète tous les ans. Globalement, "on sait qu’on a des besoins de main d'œuvre, en particulier dans les zones rurales".

"Une question d'aménagement du territoire"

L'intégration est-elle meilleure en zone rurale? En tout cas, concernant l'habitat, "c’est beaucoup plus difficile de se loger en Île-de-France avec des loyers exorbitants que de se loger dans des petites villes ou même à la campagne", ajoute le directeur de l'OFII.

"Tous les ans, nous donnons un titre de séjour à 30.000 ou 40.000 réfugiés. Je pense que notre devoir est de les orienter vers du travail et vers des zones où ça sera plus facile d’habiter et d’organiser une sociabilité pour eux. C'est une question d'aménagement du territoire."

Il cite l'Allemagne comme un exemple de répartition réussie. "On connaît le dynamisme en la matière. Elle est faite dans chaque Länder, dans chaque région, avec une obligation d’accueil." Il rappelle que l'idée n'est pas "d’accueillir tout le monde, parce que ça n’aurait aucun sens", mais qu'il y a "des personnes qu'on doit accueillir, en particulier quand elles ont le statut de réfugié".

AB