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L'auteur Olivier Adam raconte "le sentiment d'abandon" de la France périurbaine

Invité de la Matinale week-end, Olivier Adam fait une photographie de la "France périphérique", passée de la gauche au RN ou à l'abstention. Entre sentiment d'abandon et de déclassement, l'auteur raconte une France oubliée.

Depuis plusieurs années, l'auteur Olivier Adam monte l'abandon par le politique de toute une partie de la France. De "Je vais bien, ne t'en fais pas" à "les Lizières", il montre une photographie de cette France qui a si souvent changé de nom : rurale, périurbaine, périphérique. Jamais au centre ni des débats ni des regards.

"L'erreur fondamentale de la gauche"

Invité de la Matinale week-end de RMC il affirme "un sentiment de rélégation de toute une partie de la population française qu'on appelle périurbaine/périphérique, s'est sentie abandonné". Pour lui, cela fait partie des raisons de la montée du vote pour le RN, dans le Nord de la France, dans le Grand Est: ces anciennes cités industrielles désertifiées. "Ils ont quitté les bras de la gauche, censée défendre ses intérêts, pour le RN car la gauche de gouvernement a fait un choix stratégique de ne s'adresser qu'aux classes diplômés des grandes villes pour devenir un parti plus sociétal que social."

Une "erreur fondamentale" de la gauche qui s'emplifie avec Emmanuel Macron qui selon cette frange de la population "ne gouverne que dans le sens des gagnants", dit-il: "ce qui était embryonnaire chez Hollande et au PS et devient en acte avec Macron".

"Pour beaucoup de Français de cette France périphérique, il y a cette impression que leurs enfants vont vivre moins bien qu'eux."

"Un sentiment de déclassement"

Un "sentiment de déclassement" qui mécaniquement fait monter le parti de Marine Le Pen et l'absention, "une forme de dépit et de ressentiment". Le terreau de cette progression? "La déshérence des services publics", notamment et ce sentiment d'être "loin de tout et que personne ne porte leur parole et ne porte attention à leurs difficultés".

La NUPES n'y peut rien, car le "tripartisme a renforcé les antagonismes": "dans la France périphérique, pour Mélenchon qui souhaite porter cette voix-là, son problème est qu'il y a un rejet des partis traditionnels et que sur sa personne, beaucoup disent 'je suis d'accord avec pas mal de choses qu'il dit mais je ne peux pas l'encadrer'." Pourquoi ne peuvent-ils pas "encadrer" Mélenchon et pas Le Pen? "Je ne sais pas" avoue l'auteur. Et surtout, qu'à leurs yeux, "la gauche radicale continue à porter les intérêts plutôt des classes diplômées" et "pas de ceux qui aiment faire des barbecues avec des viandes bien cuites".

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC