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Le maire d'Autun se donne "une semaine avant de prendre un arrêté" contre les publicités McDonald's

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- - Illustratio - Paul J. Richards - AFP

Le maire d'Autun (Saône-et-Loire), Vincent Chauvet, a écrit à la direction France de McDonalds, demandant l'arrêt d'une campagne d'affichage de publicité dans sa ville, jugée agressive.

À 29 ans, Vincent Chauvet, est le plus jeune maire de Saône-et-Loire. Arrivé à la tête de la municipalité d'Autun en 2017, il demande a McDonald's France de retirer une campagne de publicité qu'il juge irrespectueuse de sa ville, candidate à l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco.

"Il y a une vingtaine d'affiches dans le centre-ville, concernées par des pubs McDonald's, et cela depuis une vingtaine de jours. Là où ça devient invasif, c'est que McDonald's France a déployé sur l'ensemble de sa campagne 'No Logo', de gros plans de frites et d'hamburgers, sans mention de direction vers le restaurant de la ville, ni de message de prévention contre l'obésité. On est sur un type de campagne qui consiste à prendre les consommateurs et les citoyens pour des individus qui n'ont pas forcement beaucoup à réfléchir en placardant des images de frites et d'hamburger. Cela ne peut pas s'accorder avec notre cadre de vie.

"Je leur ai demandé de retirer cette campagne-là"

Dans la ville d'art et d'histoire que nous sommes, candidates à l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco, cet affichage en gros plan de hamburger et de frites est perçu comme invasif et agressif, comme dénotant avec l'image de la ville. Quand elles mettent en valeur des produits qui dénote très fortement avec le reste de l'image du territoire, ces campagnes ne sont pas acceptables. Il aurait fallu que McDonald's France réfléchisse un peu avant de s'afficher de manière aussi ostentatoire dans nos rues.

Si McDonald's souhaite faire la publicité de ses activités dans la ville, qu'il le fasse de manière correcte, en s'intégrant à l'environnement urbain d'un centre-ville historique. Je leur ai demandé de retirer cette campagne-là, tout en étant favorable à une nouvelle campagne de publicité respectueuse de l'environnement, des habitants, et de l'identité de la ville.

"Je me donne une semaine avant de prendre un arrêté"

La municipalité n'a pas de droit de regard en tant que tel sur l'afficheur mais dans les conventions, la campagne ne doit pas être contraire à l'ordre public ou la morale. L'afficheur est unique décideur mais les contrats d'affichage sont des contrats publics ou des conventions d'occupation du domaine public. En tant que maire, si la campagne de McDonald's n'est pas retirée, je pourrai alors prendre un arrêté demandant le retrait de ces publicités. Les agents de la ville auront alors le droit de retirer les affiches ou de masquer la campagne, le temps qu'elle soit remplacée par un autre affichage plus respectueux.

Je me donne une semaine avant de prendre un arrêté, si McDonald's ne prend pas de décision. On a régulièrement des campagnes de cette chaîne de fast-food, qui ne posent pas de problèmes. Elles ressemblent à n'importe quelle page d'affichage qu'on peut avoir pour des centres commerciaux des restaurants ou des magasins de bricolage, c'est la liberté du commerce et j'y suis très attaché. Mais ce genre de publicité dite 'innovante' que je trouve agressive visuellement, n'a pas sa place dans notre ville".

Propos recueillis par Guillaume Dussourt