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Le numéro d'équilibriste de Dominique Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn, dimanche soir sur France 2.

Dominique Strauss-Kahn, dimanche soir sur France 2. - -

Dimanche soir sur France 2, ce lundi matin dans Le Parisien... Le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, fait un pas de plus vers une candidature à la présidentielle. Un grand pas même. En jouant un sacré numéro d'équilibriste puisqu'il est tenu à un devoir de réserve.

Dimanche soir sur France 2, Dominique Strauss-Kahn n'a pas dit « oui je rêve de l'Elysée ». Mais il nous a tout de même mis sur la piste.
En tant que directeur du FMI, il est tenu à un devoir de réserve. Il a donc dû jouer les funambules sur à peu près tous les thèmes: évoquer la France sans en parler.

Au sujet de l’Europe - et donc de l'hexagone - il a confié plusieurs fois sa préoccupation de voir le vieux continent être déclassé par rapport à l'Asie. L'ancien ministre de l'Economie a bien insisté sur la souffrance sociale qui touche l'Europe et plus particulièrement la France où « 6 millions de salariés gagnent moins de 750 euros par mois ». Dominique Strauss-Kahn a aussi soigné son image de présidentiable en critiquant le niveau des politiques dans l'hexagone et donc en critiquant en creux Nicolas Sarkozy.

« Je m’occupe des problèmes des gens ».

« Les élus sont là parce que des gens leur ont demandé de résoudre les problèmes. Et leur temps, ils doivent le consacrer à résoudre les problèmes des gens, pas à se préoccuper de leur prochaine élection. Si les gouvernements voulaient bien se préoccuper un peu plus de ce pourquoi ils ont étaient élus plutôt que de savoir comment ils vont gagner les prochaines élections, les choses iraient mieux. Honnêtement, j’ai le sentiment que aujourd’hui au FMI et dans toute ma vie publique je m’occupe des problèmes des gens ».
Enfin, lorsque le journaliste Laurent Delahousse lui demande s'il écoute Anne Sinclair - qui ne veut pas qu'il brigue un second mandat au FMI - il répond: « Oui j'écoute toujours mon épouse, ce qu'elle dit a beaucoup d'importance pour moi ».

Charge contre les banques... et l'Elysée

Et Dominique Strauss-Kahn n'a pas fini de critiquer. Ce matin, dans une longue interview au journal Le Parisien/Aujourd'hui en France, il est face à plusieurs Français, comme Nicolas Sarkozy il y a dix jours sur TF1.
Voici l'autre pique qu'il adresse au président de la République: « Je trouve scandaleux que les banques soient revenues à une pratique courante avant la crise en matière de rémunération et de bonus. Moi j'ai entendu certains responsables politiques dire "plus jamais ça". Résultat: les bonus sont revenus comme avant ».
Mais attention, Dominique Strauss-Kahn est sur un nuage pour l'instant. Certes, il est auréolé de 61% d'intention de vote au second tour des présidentielles, contre 39% pour Nicolas Sarkozy, selon un récent sondage CSA pour Marianne...

Plus d'ennemis à gauche qu'à droite ?

Mais s'il était candidat, sa cote se dégonflerait à coups sûrs au vu de ses prises de position sur la fiscalité et sur la réduction des déficits. Et ses ennemis sont sans doute plus à gauche qu'à droite. Jean-Luc Mélenchon est déjà en embuscade. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin résume les choses: « Dominique Strauss-Kahn n'est pas le candidat le plus dangereux pour Nicolas Sarkozy parce qu'il a un profil assez droitier par rapport au centre de gravité de la gauche d'aujourd'hui ».
Le patron du FMI a encore du chemin à faire pour conquérir l'opinion. Et plus qu'un pas vers l'Elysée, ce qu'il a voulu réussir hier soir, c'est un pas vers les Français.

Écoutez ci-dessous le podcast du « Réveil politique » de Véronique Jacquier, le lundi 21 février 2011, avec Alexandre Le Mer.

La Rédaction et Véronique Jacquier