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Législatives dans le Gard: "Le plus important, c'est de parler politique et non des traditions camarguaises"

REPORTAGE – Ce mercredi est RMC s'est rendue à Aigues-Mortes, dans la deuxième circonscription du Gard, où l'ancienne torera Marie Sara, candidate pour la République en Marche, affronte, entre autres, le député sortant Gilbert Collard (Rassemblement Bleu Marine).

L'ancienne torera Marie Sara, sollicitée par l'équipe d'Emmanuel Macron, a été investie par La République en marche dans la 2e circonscription du Gard, face au député sortant Gilbert Collard (Rassemblement Bleu Marine). Un défi de taille car il s'agit de la seule circonscription des six du Gard à avoir placé en tête Marine Le Pen au second tour de la présidentielle (50,94%). Pourtant, elle ne se montre pas impressionnée: "Je ne veux pas être cantonnée à la torera dans l'arène, je ne me déguise pas. Je suis sincère dans mon désir d'aider et ce n'est pas parce que j'ai été torera que je vais continuer à m'habiller en matador pour aller à l'Assemblée".

"Je ne parle pas que de tauromachie mais aussi de sécurité, du manque d'écoles, de maisons de santé, du tourisme, poursuit-elle. Je ne suis pas qu'une femme dans l'arène et je suis dans une autre arène". Sur le terrain, son adversaire, Gilbert Collard, éprouve un certain plaisir à se moquer de la candidate torera: "Si j'avais été candidat dans le pays du cassoulet, j'aurais eu William Saurin comme candidat".

"Le débat, c'est devenu la torera contre Collard alors qu'il y a d'autres candidats"

En campagne, le député sortant va même jusqu'à prendre position contre la tauromachie: "Je considère que la souffrance animale est insupportable. Si demain il y avait une proposition de loi pour savoir s'il faut supprimer ou maintenir la corrida, je ferais référendum dans la circonscription. Si les gens disent oui, ce sera oui. Et si c'est non, c'est non". Un combat autour des traditions camarguaises qui a tendance à lasser Jonas, électeur du parti Les Républicains.

"Le plus important, c'est de parler de politique et non des traditions car ça n'a pas grand-chose à faire dans les débats", estime-t-il. Delphine, électrice de la France insoumise, considère, pour sa part, que, au-delà de la tradition, c'est la personnalité des deux candidats qui prend trop de place dans la campagne: "Le débat, c'est devenu la torera contre Collard alors qu'il y a d'autres candidats. On parle plus de leur carrière en-dehors de la politique que ce qu'ils ont fait ou ce qu'ils comptent faire".

M.R avec Romain Poisot