RMC

Législatives: "être candidat issu de la société civile, c'est prendre un gros risque financier et professionnel"

Marie Lebec, candidate La République en Marche dans les Yvelines.

Marie Lebec, candidate La République en Marche dans les Yvelines. - Twitter - MarieLebec78

Pas facile d'être un candidat jeune et issu de la société civile. Surtout, quand on a été investie tardivement, comme Marie Lebec, candidate La République En Marche dans la 4e circonscription des Yvelines. Partie de zéro, elle doit financer seule sa campagne et fait face aux doutes sur ses compétences qu'induit sa jeunesse. Pour RMC.fr, elle raconte sa drôle de campagne.

Marie Lebec est candidate La République en Marche dans la 4e circonscription des Yvelines. C'est la plus jeune candidate LRM en Ile-de-France. Lobbyiste chez Euralia, c'est sa première campagne des législatives.

"J'ai appris le 11 mai par téléphone que j'avais été investie. Ça a été une belle surprise parce que je n'y croyais plus. C'est le QG d'En Marche! qui m'a appelé pour me prévenir. On a été prévenu tardivement, mais on a été pris en charge dès le samedi, avec une formation lors du séminaire du Quai Branly, avec les principaux leaders du mouvement ainsi que toute l'équipe de coordination pour les législatives. Ils nous ont expliqué le rôle du mandataire financier (seule personne habilitée à engager les dépenses pour le candidat), du directeur de campagne, les déclarations et échéances à ne pas rater, la direction d'une campagne… On a fait les photos officielles et nous avons eu accès une plateforme dédiée aux candidats sur laquelle on a des templates, des documents, des notes, des cartographies…

"C'est le propre d'En Marche: ils ont toujours l'air d'être désorganisés"

Tout ce travail nous permet d'entrer immédiatement dans le vif du sujet, d'aller sur le terrain et d'être opérationnel rapidement. En cas de souci, il y a une hotline avec un conseiller En Marche pour répondre à nos questions et nous orienter.

C'est sûr qu'entre les échéances de dépôt de candidature en préfecture, et la campagne à proprement parler, il faut aller très vite. C'est le propre d'En Marche!: ils ont toujours l'air d'être désorganisés mais en fait on est surpris de la réactivité des membres et des militants. Pour ma part, avec mon équipe de militants, nous sommes déjà sur le terrain, avec nos premiers tracts. Nos affiches sont encore en préparation. C'est sûr que par rapport aux candidats qui sont partis en campagne dès le soir du 1er tour, on n'est pas en avance. Mais on tient le rythme.

"20.000 euros de ma poche pour faire campagne"

Le financement d'une campagne est une difficulté supplémentaire pour les gens de la société civile qui, comme moi, veulent entrer en politique. Les banques sont réfractaires à prêter de l'argent aux candidats des partis politiques, car elles ne veulent pas apparaitre comme liées à un parti. Donc je m'autofinance: j'ai débloqué 20.000 euros pour les législatives, une somme qui était au départ dédiée à l'achat d'un logement. C'est un gros risque, c'est sûr. Au-delà de la victoire, il faut se fixer comme objectif de faire au moins 5% pour pouvoir être remboursé. Il y a un risque financier et professionnel qu'il faut assumer. Moi, j'ai la chance que mon employeur ait accepté que je prenne un congé sans solde d'un mois, au pied levé puisque j'ai été investie au dernier moment.

Il a également fallu trouver un mandataire financier - ce que j'ai fait assez vite -, trouver un suppléant, un directeur de campagne - cela a été plus compliqué puisqu'il faut trouver quelqu'un de très disponible -, et un local de campagne. Comme les banques, les propriétaires n'aiment pas être identifiés politiquement, idem pour les assureurs. C'est galère de monter tout cela en si peu de temps. Hier (jeudi 18 mai), on a pu enfin investir notre QG. Et grâce à l'aide des animateurs locaux d'En Marche, avec lesquels je m'entends bien, on a fait un appel pour trouver des meubles et on a pu meubler notre local de campagne en deux heures.

"Les gens s'interrogent sur mes compétences"

Effectivement, ma jeunesse est beaucoup mise en avant par les gens que je croise sur le terrain. Il y a au début une interrogation sur mon âge, mes compétences et mes capacités. Mais une fois la discussion engagée, j'ai des compliments sur mon engagement. Les gens sont assez bienveillants.

Je pense que j'ai une chance, mais clairement il faut que je gagne en notoriété, c'est ça qui est important puisque les gens ont l'air de croire dans le projet d'Emmanuel macron. J'ai déjà été attaché parlementaire donc je vois à quoi ressemble la vie de députés, mais pour l'instant je ne me projette pas encore. Je commence à réaliser que ma vie peut basculer du jour au lendemain."

Les autres candidats de 4e circonscription des Yvelines (Chatou, Houilles, Marly-le-Roi)

Monika Belala (PS); Marce Bellier (UPR); Claire Coueignas (DLF); Ghislain Fournier (LR – UDI); Faustine Huet (FI); Emmanuel Loevenbruck (577IDC); Franck Maurel (LO); Olivier Megret (PCF); Farouk Rahal (M100%); Marie-Josèphe Renaudin (FN).

Propos recueillis par Philippe Gril