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Législatives: pourquoi ce scrutin est crucial financièrement pour les partis politiques

Outre son poids démocratique en élisant les députés, les élections législatives sont aussi un moment crucial pour les partis politiques puisque c'est sur la base de ces résultats que sont distribués les financements aux partis politiques. Ce qui, en période de négociations entre partis, pèse d'autant plus.

Le troisième tour est lancé. Les élections législatives auront lieu les 12 et 19 juin prochains. Les négociations entre partis sont aussi en cours et peuvent être cruciales pour certains mouvements qui connaissent, comme le Parti socialiste, des scores très décevants aux dernières élections. Les législatives sont en effet un enjeu de taille pour les caisses pour les partis.

Présenter des candidats rapporte gros

A partir de 50 candidats présentés par un même parti politique et obtenant 1% des voix au premier tour des législatives, chaque bulletin permet d'obtenir 1,53 euro à son mouvement. C'est ce qu'on appelle la "première fraction" du financement public des partis politiques, prévue dans le budget de l'État. En 2022, les aides publiques pour les différents mouvements ont atteint 66 millions d'euros.

C'est un élément clé des négociations en cours entre les différents partis politiques, à gauche, mais aussi entre les différents mouvements de la majorité, et à droite. Avoir ces 50 candidats, c'est l'assurance de pouvoir vivre lors des cinq prochaines années. C'est ainsi que Debout la France et les Patriotes ont trouvé un accord pour présenter 500 candidats aux législatives, 250 par parti.

"C'est ce qui permet au parti de vivre et défendre nos idées. En plus ce n'est pas par rapport à notre classement, c'est par bulletin de vote. C'est vraiment très bien" se réjouit un membre de Debout la France sur RMC. 

A gauche, les différentes forces qui sont en train de s'unir devront aussi bien se partager le gâteau pour s'y retrouver en termes de financement. Depuis 2017, LREM a obtenu 10.1 millions euros d'aide publique, 4,9 millions pour le RN, un peu moins de 4 millions pour LR, et 3,7 millions pour LFI.

Ces chiffres sont obtenus après la soustraction de la "modulation parité": si un parti ne respecte pas la parité, le montant de l'aide est soustraite d'un pourcentage proportionnel à l'écart entre le nombre de candidats de chaque sexe.

Un deuxième pactole en cas d'élection

Le deuxième "fraction" des aides publiques aux partis est attribuée selon le nombre de députés et de sénateurs obtenus. Les parlementaires sont tenus d'indiquer au bureau de leur assemblée à quel parti politique ils appartiennent. Chaque année, le parti reçoit alors 37.400 euros par parlementaire.

Ainsi, en 2022, LREM a reçu 10,9 millions d'euros pour ce titre, LR 9,1 millions, le PS 3,3 millions. Avec un tout petit nombre de parlementaires, LFI et le RN sont très loins dans ce décompte. Les Insoumis n'ont reçu "que" 635.000 euros d'aide publique, et le RN un peu moins de 300.000 euros.

Ainsi, dans les négociations entre les différents partis, chaque parti tente de s'assurer d'être présents dans des circonscriptions "gagnables" pour pouvoir profiter de cette "deuxième fraction". C'est là que les négociations entre LFI et le PS risquent de se corser. Avec 26 députés jusqu'à maintenant, les socialistes ont en effet un pactole de près d'un million d'euros annuel à tenter de protéger au travers de ses élus de l'Assemblée nationale en vue des 12 et 19 juin prochains.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC