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Les impôts vont grimper

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"Impôts" et "hausse" ne font pas toujours bon ménage. Pourtant, les mots sont lâchés et les impôts vont augmenter. D'ores et déjà le gouvernement prépare les esprits.

La phrase est passée inaperçue, pourtant c'est mercredi que François Fillon s'est adressé aux parlementaires pour leur annoncer la nouvelle : "A l'automne, l'examen des budgets de l'Etat nous conduira à des efforts supplémentaires". Pour "appuyer" l'information, le Figaro Magazine publiera les propos de François Baroin qui "juge, lui aussi, très probable la réduction des niches fiscales de plus de 3 milliards en 2012". Concrètement, la loi de finances qui prévoyait déjà 3 milliards d'euros d'économie ne sera pas suffisante et il faudra aller au-delà. Tout cela sans toucher aux prévisions de croissance de 2.25%. Le ministre des Finances est resté prudent avant d'annoncer cette augmentation des impôts et a ajouté que "cela dépendra de la conjoncture". Les arbitrages seront rendus à la fin de l'été.

Cela dépend donc de l'évolution de la crise des dettes souveraines de la zone euro ?

Pour le gouvernement, la situation n'est pas simple car il faut envoyer des signaux rigoureux pour conforter la notation de la France et en même temps augmenter les impôts à proximité de la présidentielle, c'est toujours risqué. Mais la réduction de la dette sera l'un des grands sujets de l'élection de 2012 et la crédibilité budgétaire est un enjeu majeur pour Nicolas Sarkozy. En coulisse, à Bercy, on se veut quand même rassurant. Pas touche aux niches fiscales qui visent l'emploi et les entreprises.

Il y a un paramètre qui pèse aussi de plus en plus dans la balance, celui du financement de la dépendance. On nous promettait une grande reforme, où est-elle passée ?

Cette réforme n'a pas disparu, mais cet été, Nicolas Sarkozy tache de la faire oublier. Le Président devait faire un grand discours sur le financement de la dépendance mardi prochain en Côte d'Or, un déplacement annulé. Les arbitrages qui devaient être rendus ne le sont pas et désormais, il faudra attendre la rentrée. La situation aurait été trop compliquée et bien trop risquée. Il aurait fallu aborder le sujet qui fâche en plein été et les deux pistes retenues pour le financement, à savoir : augmenter la CSG des retraités ou instaurer une seconde journée de solidarité nationale qui rapporterait 3 milliards d'euros.

Cependant, cette reforme de la dépendance a été promise en 2007 et il n' y a toujours rien, que faut-il en penser ?

Le fait que la réforme soit reportée à septembre, mais aussi qu'elle ait été annoncée en 2008, 2009 et 2010, va forcément atténuer son ampleur. Selon le cabinet de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, les seuls crédits supplémentaires à court terme nécessitent un milliard d'euros. Le report des décisions en septembre signifie une chose : ce sera le moment où seront rendus les derniers arbitrages budgétaires. La chasse aux niches fiscales, qui ira donc sûrement au-delà des 3 milliards d'euros, va servir à réduire le déficit et non à financer de nouvelles dépenses. Ce qui risque de se passer, c'est la mise sous le tapis de la réforme de la dépendance.

Écoutez ci-dessous « Les coulisses de la politique » de ce vendredi 15 juillet 2011 avec Véronique Jacquier et Jean-Jacques Bourdin :

Véronique Jacquier