RMC

Martine Aubry juge prématurée l'idée de sa candidature pour 2012

Au lendemain de l'incarcération de Dominique Strauss-Kahn à New York, la dirigeante socialiste Martine Aubry a jugé prématuré mardi d'envisager de prendre le relais du patron du FMI dans la course à la présidentielle française. /Photo prise le 4 mars 2011

Au lendemain de l'incarcération de Dominique Strauss-Kahn à New York, la dirigeante socialiste Martine Aubry a jugé prématuré mardi d'envisager de prendre le relais du patron du FMI dans la course à la présidentielle française. /Photo prise le 4 mars 2011 - -

PARIS (Reuters) - Au lendemain de l'incarcération de Dominique Strauss-Kahn à New York, la dirigeante socialiste Martine Aubry a jugé prématuré...

PARIS (Reuters) - Au lendemain de l'incarcération de Dominique Strauss-Kahn à New York, la dirigeante socialiste Martine Aubry a jugé prématuré mardi d'envisager de prendre le relais du patron du FMI dans la course à la présidentielle française.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), qui était considéré comme le champion du PS pour le scrutin de 2012, a été placé en détention provisoire lundi dans la prison de Rikers Island dans l'attente d'une nouvelle audience pénale.

Il est accusé d'agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration sur la personne d'une femme de chambre de 32 ans d'un hôtel de Manhattan. Il comparaîtra devant un jury populaire vendredi en vue de son éventuelle mise en accusation.

"Je suis sidérée, parce que c'est incroyable (...), je suis aussi bouleversée par les images, par la charge des accusations", a témoigné Martine Aubry sur France Info.

"Il faut rester dans la douleur de l'amitié et attendre les faits", a-t-elle ajouté en précisant qu'il fallait "aussi respecter" la plaignante.

Priée de dire si le choc de "l'affaire Strauss-Kahn" modifiait la donne au PS, Martine Aubry a répondu par la négative.

"Ce qui se passe avec Dominique est extrêmement grave mais rien ne justifie aujourd'hui que nous changions ce que nous avons à faire", a-t-elle souligné.

"Nous avons un calendrier, je respecte ce calendrier", a-t-elle répété.

Le Parti socialiste réunit son bureau national ce mardi. Martine Aubry est attendue à Bordeaux en fin de journée pour présenter le projet socialiste pour 2012.

Le dépôt des candidatures pour l'investiture socialiste à la présidentielle est prévu entre le 28 juin et le 13 juillet. Le vote se déroulera en octobre.

Liée par un "pacte" de désistement réciproque avec Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry est pressée par ses proches d'annoncer sa candidature.

Elle s'y refuse pour l'heure : "Nous continuerons auprès des Français selon les dates retenues. Ensuite viendra la candidature. Ce n'est pas le moment aujourd'hui".

"TRÈS ABÎMÉ"

Au nombre des candidats déclarés figurent François Hollande, qu'un sondage Harris Interactive place désormais en tête des intentions de vote pour la primaire socialiste, et Ségolène Royal, rivale malheureuse de Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007.

Selon RTL, la présidente de Poitou-Charente devait se rallier ce mardi à une candidature de Dominique Strauss-Kahn, qui avait préparé son entrée en lice lors d'un récent séjour parisien.

La radio précise que le patron du FMI était attendu ce mardi à Paris où il était prévu qu'il rencontre Martine Aubry et le maire de Paris, Bertrand Delanoë.

Le député-maire d'Evry (Essonne) Manuel Valls avait déclaré lundi sur RTL que Dominique Strauss-Kahn, dont la candidature restait hypothétique, envisageait bien de se présenter à la primaire.

Le député du Doubs Pierre Moscovici, un proche de Dominique Strauss-Kahn, s'est refusé lui aussi mardi matin à envisager le scénario d'une candidature, qu'il n'a pas exclue par le passé dans le cas d'un désistement de "DSK".

"Je ne suis pas sur ce temps-là. Je pense à lui", a-t-il dit sur RMC et BFM TV, affirmant que les images de Dominique Strauss-Kahn au tribunal de New York lui avaient fait l'effet d'"un coup de poing dans le ventre".

Benoît Hamon, porte-parole du PS, a dit sur RTL attendre que "les faits nous dictent définitivement notre conduite".

"S'il (Strauss-Kahn) était lavé de tout soupçon dans les jours qui viennent, les choses basculeraient aussi vite", a-t-il estimé.

"C'est clair qu'en toute hypothèse il sortira probablement à titre personnel très abîmé", mais "je ne me sens pas aujourd'hui de prononcer une forme d'acte de décès politique", a ajouté Benoît Hamon, qui ne ferme pas la porte lui non plus à une candidature.

"Il serait parfaitement malhonnête de notre part de dire que nous ne sommes pas impactés par cette affaire. C'est l'un des nôtres. Nous sommes collectivement concernés même si ce n'est pas le Parti socialiste qui est dans le box", a-t-il souligné.

Martine Aubry a assuré que les socialistes restaient "unis et combatifs" face à l'épreuve et que l'unité perdurerait malgré les immanquables ambitions personnelles.

Sophie Louet

REUTERS