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"Méfiance" et "dégoût": quand les Français parlent de la politique

Selon un sondage sur la "confiance" des Français, la crise des "gilets jaunes" marquent visiblement le paysage politique: les Français sont de plus en plus "méfiants" voire "dégoûtés" de la politique en général.

En 10 ans, la situation entre les Français et la politique a sérieusement pris du plomb dans l'aile. 

Selon un baromètre du Cevipof publié vendredi dans Le Figaro, la défiance des Français vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique est au plus haut, en pleine crise des "gilets jaunes". 

Lassitude (32%, +7), morosité (31%, +8) et méfiance (29%, +4) sont les trois mots qui expriment le mieux l'état d'esprit des Français, qui débouche sur une sévérité extrême à l'égard de la politique qui leur inspire très majoritairement des sentiments négatifs: méfiance (37%, -2), dégoût (32%, +7), ennui (8%) ou peur (4%).

Ainsi, seuls 27% des sondés estiment que la démocratie fonctionne bien en France (moins 9 points en un an) et à peine 14% (moins 2 points) jugent que les responsables politiques se préoccupent de ce que les "gens comme vous" pensent. Les gouvernements et les députés ne sont pas bien lotis. De toutes les institutions politiques, seuls les maires tirent véritablement leur épingle du jeu (58%, en hausse de 3 points), traduisant une demande de proximité des électeurs.

La confiance dans les syndicats (27%), les médias (23%) ou les partis politiques (9%) stagne également à des niveaux très bas, alors qu'en revanche les hôpitaux (78%), les PME (78%), l'armée (74%), la police (74%) ou l'école (69%) restent très majoritairement appréciés, selon ce baromètre annuel réalisé depuis 10 ans par Opinionway pour le laboratoire de SciencesPo.

Chloë Cambreling avec AFP