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Mélenchon candidat et fossoyeur du PC

« Le Parti pris » d'Hervé Gattegno, c'est tous les matins à 7h50 sur RMC du lundi au vendredi.

« Le Parti pris » d'Hervé Gattegno, c'est tous les matins à 7h50 sur RMC du lundi au vendredi. - -

Jean-Luc Mélenchon a été investi ce week-end par les adhérents du Parti communiste pour représenter le Front de gauche à l’élection présidentielle. Avec lui, le PC n’a pas seulement choisi son candidat, mais son fossoyeur.

Il est clair que les communistes ont préféré un candidat capable d’obtenir un bon score plutôt qu’un candidat représentant l’orthodoxie du parti. En 2007, Marie-George Buffet avait fait moins de 2%. Cette fois, le PC sera représenté par un non-communiste mais il a un espoir de bien figurer au 1er tour. Ce qu’on ne dit pas, c’est que le fait de ne pas être communiste est sûrement l’un de ses meilleurs atouts pour attirer des voix ! D’ailleurs, lui-même a plus tendance à invoquer les modèles de Jean Jaurès et d’Hugo Chavez qu’à rappeler son admiration pour François Mitterrand. Mitterrand a été l’allié du PC et c’est lui qui a réduit son influence au profit du PS. Mélenchon va finir le travail…

Est-ce que Mélenchon roulerait pour le PS ?

En tout cas, il ne roule pas pour le PC. A l’origine, c’est même un anticommuniste – comme tous les anciens trotskistes. La réalité, c’est que ce ne sont pas les communistes qui l’ont investi, mais c’est lui qui a investi le PC ! Il a racheté la marque à bas prix. Il peut la développer – les sondages lui donnent entre 4% et 7% – et aider l’appareil du PC à garder ses quelques bastions, mais ce sera sous l’étiquette du Front de gauche, et le mot communisme va peu à peu disparaître de notre vocabulaire politique. A part à cela, le vrai service que Mélenchon peut rendre au PS, c’est de capter des suffrages qui, sans lui, pourraient se porter sur l’extrême-gauche, voire sur le FN. Mais on ne pourra plus, de toute façon, parler d’électeurs communistes.

L'élimination de DSK dessert-elle la candidature Mélenchon ?

C’est vrai que pour Mélenchon le directeur du FMI était un adversaire idéal. Il focalisait le ressentiment contre la mondialisation, le capitalisme, les élites et l’Europe. Quel que soit le candidat du PS, il sera moins typé que DSK. A l’inverse, le renoncement d’Olivier Besancenot a été au contraire une bonne nouvelle pour Mélenchon. Sans Arlette Laguiller ni Besancenot, c’est lui qui reste le seul leader charismatique pour l’électorat d’extrême-gauche, qui apprécie au moins la virulence de ses tirades contre les puissants. Et il peut même espérer que si Nicolas Hulot bat Eva Joly dans la primaire des Verts, la frange la plus radicale des écologistes se tourne vers lui. Au passage, il prône la sortie du nucléaire – ce qui n’est pas la position historique du PC, c’est le moins qu’on puisse dire…

Le nouveau candidat était hier soir sur TF1. Il a été très sage…

Etonnamment aimable, même. On a constaté depuis quelques semaines qu’il a arrêté d’injurier les journalistes et de vociférer. Hier, il a même félicité Claire Chazal pour la qualité des reportages de TF1, c’est dire ! Et puis il s’est montré aimable, tout sourire. Il a appelé à des changements pacifiques et la seule personne qu’il a critiqué, c’est le premier ministre grec. Mélenchon aussi paisible, ce n’était pas le grand soir mais c’était déjà, en soi, une révolution.

Ecoutez «le parti pris» de ce Lundi 20 juin 2011 avec Hervé Gattegno et Jean-Jacques Bourdin sur RMC :

Hervé Gattegno