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Menace de dissolution: "C'est du bluff, du chantage" pour Fabien Roussel, qui propose un référendum

Dans "Les Grandes Gueules" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Fabien Roussel estime qu'Emmanuel Macron bluffe sur sa "menace" de dissolution de l'Assemblée nationale. Le président de la République envisagerait en effet de dissoudre l'Assemblée en cas de motion de censure de l'opposition sur la réforme des retraites.

Fabien Roussel n'a pas peur des menaces d'Emmanuel Macron. Le secrétaire national du Parti communiste français estimé que le président de la République, qui menace de dissoudre l'Assemblée nationale, bluffe. "C'est du bluff, de la menace, du chantage, quelle violence", a-t-il assuré ce jeudi sur le plateau des "Grandes Gueules".

"Le président de la République agite la menace de la dissolution nucléaire, si sa réforme des retraites qui demande aux Français de travailler un demi-siècle faisait l'objet d'une motion de censure. Mais quelle violence. Un tel sujet mérite un vrai débat. Les Français ne demandent pas le chaos, ils veulent être entendus et respectés", a lancé le député sur RMC et RMC Story.

Fabien Roussel veut un référendum pour trancher

Fabien Roussel recommande plutôt d'organiser un référendum si Emmanuel Macron tient tant à renvoyer les Français aux urnes. "S'il veut que l'on revote, moi je propose un référendum sur cette question, projet contre projet, avec le projet de la droite et de Macron et celui de la gauche qui propose d'autres modes de financement et une retraite à 60 ans", défend le chef de file du PCF.

"C'est tellement loin du sujet. Quand je prends le métro avec les gens qui partent au boulot entassés comme du bétail et qui ne savent pas comment payer les courses, et qu'on leur dit de mettre des cols roulés... Si on leur parle de dissolution, ils vont se dire qu'on se fout de leur gueule", ajoute le député.

Le gouvernement tenté par un passage en force

A l'occasion d'un dîner avec les ministres concernés par la réforme des retraites et ses alliés politiques ce mercredi, Emmanuel Macron a menacé de dissoudre l'Assemblée nationale en cas de motion de censure de l'opposition. Agacé par les débats et des blocages au sein même de la majorité, alors que le calendrier n'est pas encore établi, le président de la République estime qu'il en va de son autorité.

Le gouvernement envisage toujours une entrée en vigueur de sa réforme des retraites pour l'été 2023. Pour y parvenir, la Première ministre Elisabeth Borne veut un nouveau cycle de concertation avec partenaires sociaux et oppositions pour une adoption d'un projet de loi global "avant la fin de l'hiver", assure-t-elle à l'AFP. Un plan risqué alors que l'exécutif ne bénéficie que d'une majorité relative à l'Assemblée nationale, ce qui pourrait le contraindre à utiliser le 49-3 pour passer en force.

Guillaume Dussourt