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Moscovici : "DSK, le mieux placé pour 2012"

Pierre Moscovici, député PS du Doubs.

Pierre Moscovici, député PS du Doubs. - -

Le député PS du Doubs était l'invité de "Bourdin Direct" ce jeudi matin sur RMC et BFM TV. Convaincu de la légitimité de DSK pour représenter le PS aux Présidentielles en 2012, il a notamment confié qu'il s'effacerait si celui-ci décide de se présenter.

Interrogé sur sa rencontre privée, il y a trois semaines, avec le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, Pierre Moscovici a consenti à en dire un mot : « Cette rencontre était destinée à être discrète mais enfin, c’est comme ça. J’ai eu l’impression qu’il était très intéressé par la France. Il reste un homme de gauche. Il s’intéresse aussi à ce qu’il se passe dans la vie du parti socialiste. On a eu un échange privé qui parlait aussi de cela. Mais je n’ai pas du tout eu la sensation de quelqu’un en train de préparer un retour. J’ajoute qu’il ne m’a pas paru du tout enthousiaste par le fait que des appels montent vers lui. Je crois qu’il veut travailler complètement au FMI et qu’il se posera la question au moment venu » a-t-il confié.

"Les Français attendent un président qui rassure et rassemble"

Avant d'ajouter, convaincu : « Je pense en tout cas qu’il est certainement le mieux placé aujourd’hui » pour battre Nicolas Sarkozy en 2012. Et de poursuivre : « François Mitterrand, c’était la force tranquille. Avec Nicolas Sarkozy, on a une sorte de faiblesse fébrile, et je pense que les Français attendent un président qui rassure et rassemble. Dominique Strauss-Kahn a cette posture. Peut-être parce qu’il est à l’étranger. Peut-être parce qu’il a montré qu’il sait redresser l’économie d’un pays. Oui, il est le mieux placé. Je crois que c’est clair pour tout le monde »La candidature de Pierre Moscovici aux primaires du PS dépendra d'ailleurs de celle de DSK, nous a-t-il appris : « Nous devons nous préparer à avoir éventuellement Dominique Strauss-Kahn comme candidat aux primaires. Moi je vais m’y préparer dès maintenant, mais j’attendrais qu’il se prononce. Je le soutiendrais, mais s’il ne se présente pas, j’irais. »

« Sarkozy, peut-être le dernier Français satisfait de lui-même »

Le député socialiste a par ailleurs réagi sur l’intervention de Nicolas Sarkozy ce lundi soir sur France 2, une intervention qui est loin d’avoir convaincu les Français selon lui : « Je pense que les Français attendaient un changement de gouvernement, que le président de la République renverse la table. Ils attendaient aussi je crois des inflexions sur la politique parce que la rigueur telle qu’elle se déroule est extrêmement dure, parce que la politique suivie est injuste, parce que sur les retraites, il y a des choses à changer. Ils ont vu un président de la République auto-satisfait, peut-être le dernier Français satisfait de lui-même. Il n’a parlé, comme d’habitude, qu’à son camp : la droite. Est-ce-que Nicolas Sarkozy se décidera un jour à être autre chose que le président de l’UMP ? Quand deviendra-t-il le président de la République ? »

« Que le pays s’exprime à nouveau et retourne aux urnes »

Pierre Moscovici ne demande pas la dissolution de l’Assemblée nationale, à l’instar de Julien Dray, mais il la comprendrait : « La dissolution de l’Assemblée nationale aujourd’hui, est plus logique qu’en 1997. Aujourd’hui, on comprendrait. Nous sommes en pleine crise morale, politique, nous avons une majorité qui ne répond plus, un gouvernement qui ne fait plus l’affaire… En logique institutionnelle, il serait sain que le pays s’exprime à nouveau et retourne aux urnes. Ce serait logique dans une autre démocratie. Si l’on était en Grande-Bretagne, par exemple, je suis persuadé que l’on aurait des élections anticipées. Il fallait soit changer de gouvernement, soit changer de politique, soit changer l’Assemblée et rien de tout cela n’a été fait. La parole présidentielle n’est plus crédible aujourd’hui.»

Affaire Woerth-Bettencourt : « Le PS a eu le ton qui convenait »

Pierre Moscovici a également évoqué l’affaire Woerth-Bettencourt, se satisfaisant de l’attitude du PS sur le sujet, et défendant, autant que faire se peut, l’homme Eric Woerth : « Dans cette affaire-là, le PS a eu le ton qui convenait. Jamais il n’a demandé la démission de M. Woerth de ses fonctions de ministre. Jamais il n’a ciblé l’homme. J’ai toujours dit que M. Woerth était un homme carré, solide, qui a sa logique, profondément conservateur. A titre personnel, je le pense honnête même si je crois, en effet, que c’est quelqu’un qui est plus proche des milieux d’argent que beaucoup de gens. » Et d’insister : « beaucoup, beaucoup plus proche », avant de conclure : « Du coup, les choses sont parfois à la limite. Pas dans sa vie personnelle mais dans ses pratiques, notamment dans ses pratiques de trésorier. Il est impossible d’être le financier d’un parti, et en même temps le financier de la France. A ce moment-là, oui, il y a conflit d’intérêt. Et quand Eric Woerth démissionne [ndlr, de son poste de trésorier de l'UMP] trois ans après le début du quinquennat de Sarkozy, c’est un aveu, d’une certaine façon. »

Pour écouter le podcast intégral de l’interview de Pierre Moscovici, cliquez ici.

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