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Polémique autour du Ceta: le tacle de Macron à Hulot

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Lundi, l'ex-ministre de la Transition écologique a appelé dans une lettre ouverte les parlementaires à avoir "le courage de dire non" à ce traité.

Dans le "bon sens" ou "le courage de dire non"? Après des débats musclés, l'Assemblée s'apprête à voter la ratification du controversé traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (Ceta), "positif" pour l'économie française selon ses défenseurs, mais porteur de "risques" environnementaux et sanitaires d'après ses opposants.

Le texte, entré pour partie en vigueur de manière provisoire il y a bientôt deux ans, suscite des réticences jusque dans la majorité LREM-MoDem où, a minima, des abstentions pourraient être observées. 

Lundi, l'ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a appelé dans une lettre ouverte les parlementaires à avoir "le courage de dire non" à ce traité, qui risque à ses yeux d'ouvrir la porte à des substances dangereuses par un abaissement des normes sanitaires. "Demain, chacun de vous aura plus de pouvoir que tous les ministres de l'Ecologie réunis. Demain, chacun de vous sera libre de voter contre la ratification du Ceta et exiger ainsi la réouverture des négociations", écrit Nicolas Hulot. 

"Il fallait le dire!"

"Il fallait le dire quand on était en responsabilité" lui a alors répliqué Emmanuel Macron. "Quand on s'est battu pour améliorer un texte (...), on ne peut pas dire quelques mois plus tard le contraire", "Je crois que le véritable idéalisme consiste toujours à regarder le réel", a-t-il expliqué, estimant qu'une ratification du Ceta irait "dans le bon sens". Mais il sera nécessaire de s'assurer que celui-ci soit "bien mis en oeuvre", a-t-il ajouté.

Après avoir mis en cause récemment le libre-échange comme facteur du dérèglement climatique, Nicolas Hulot s'inquiète des normes et de la remise en cause du principe de précaution dans le cadre de cet accord controversé, qui a déjà donné lieu à de vifs débats à l'Assemblée mercredi dernier.

Perturbateurs endocriniens, pesticides et autres substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques pourraient faire leur entrée en Europe par cet accord commercial, qui doit supprimer les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones, selon l'ancien ministre. 

Le Ceta doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe, d'où le vote de l'Assemblée mardi, puis au Sénat à une date qui reste à définir.

La rédaction de RMC (avec AFP)