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Présidentielle 2017: Hollande veut un mandat unique pour les parlementaires

François Hollande

François Hollande - AFP

Alors qu'en coulisses ses soutiens s'activent pour préparer une éventuelle candidature, François Hollande prononcera ce jeudi un discours sur les institutions et la démocratie. D'après nos informations, le chef de l'Etat va prôner la mise en place d'une classe politique qui se renouvelle plus vite et pour cela il veut aller plus loin dans la limitation du cumul des mandats.

Un mois après le discours de Wagram sur la "démocratie face au terrorisme", François Hollande prononcera ce jeudi un discours sur les institutions et la démocratie. S'il n'est pas encore officiellement candidat à sa réélection, le chef de l'Etat semble tout de même être en pré-campagne. Et ces derniers temps, le président a égrené quelques pistes de ce que pourrait être son futur programme. Ce jeudi, il devrait faire de nouvelles propositions en ce sens. En effet, selon nos informations, François Hollande va prôner la mise en place d'une classe politique qui se renouvelle plus vite et pour cela il veut aller plus loin dans la limitation du cumul des mandats.

Plus précisément, après l'interdiction de cumuler un mandat de parlementaire et un mandat d'élu local (la loi a été adoptée en 2014, ndlr), le président veut maintenant limiter les mandats dans le temps. Finie la vie de parlementaire pendant 15 ans, voire plus, François Hollande veut des têtes nouvelles à l'Assemblée et au Sénat. Il entend donc mettre en place le mandat parlementaire unique.

Multiplication des initiatives démocratiques citoyennes

Dans son discours, le président va également insister sur l'une de ses marottes: l'élaboration de la loi, qu'il juge trop lente et non adaptée à notre temps. Enfin François Hollande va proposer de multiplier les initiatives démocratiques citoyennes comme les consultations citoyennes sur les lois, les conseils de quartier ou les référendums locaux (comme celui de Notre-Dame-des-Landes). Il devrait aussi rappeler ce qu'il a fait en matière de parité et de transparence de la vie politique.

Officiellement donc, il n'est toujours pas en campagne, toujours pas candidat, toujours pas décidé. Pourtant tous les ingrédients d'une candidature (l'esquisse d'un bilan, des propositions pour l'avenir…) sont bel et bien là. Et ses soutiens s'activent en coulisses pour le mettre en orbite. Ainsi, entre les SMS pour mobiliser les militants, les sites internet pour vanter le bilan de son quinquennat, les réunions stratégiques des plus proches en petit comité, ses proches l'assurent et y croient: Non, Hollande n'est pas fini, loin de là.

"Ce sont les sous-doués"

"Pour l'instant, c'est vrai on est sur une niche. Le président n'est pas toujours facile à vendre", reconnait un parlementaire. Mais celui-ci en est persuadé, François Hollande a ses chances car les Français ne veulent pas d'Alain Juppé, pas plus qu'ils ne veulent de Nicolas Sarkozy ou de Marine Le Pen.

Pour autant, pour le moment, l'organisation de cette pré-campagne est plus que chaotique. Chacun lance son initiative, sans concertation. Par exemple, Bruno le Roux, le chef de file des députés PS, annonce une mobilisation des députés autour de 15 propositions destinées à aider à la candidature de François Hollande. Mais quand le sujet est évoqué avec des députés proches du président, ils disent ne pas être au courant de cette initiative… car eux-mêmes ont déjà prévu autre chose. "Ce sont les prémices, c'est artisanal et c'est très bien comme ça", explique un proche du chef de l'Etat. "Faux, ce sont les sous-doués", assure, pour sa part, un député jadis proche du président de la République.

M.R avec Stéphanie Collié