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Pressions sur Martine Aubry, candidate "naturelle" du PS

Des voix s'élèvent, chaque jour plus nombreuses, pour pousser la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle de 2012, que beaucoup considèrent comme "naturelle" après la chute de Dominique Strauss-Kahn. /Photo prise le 17 mai 2011/REUTERS/Rég

Des voix s'élèvent, chaque jour plus nombreuses, pour pousser la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle de 2012, que beaucoup considèrent comme "naturelle" après la chute de Dominique Strauss-Kahn. /Photo prise le 17 mai 2011/REUTERS/Rég - -

PARIS (Reuters) - Des voix s'élèvent, chaque jour plus nombreuses, pour pousser la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle de...

PARIS (Reuters) - Des voix s'élèvent, chaque jour plus nombreuses, pour pousser la candidature de Martine Aubry à l'élection présidentielle de 2012, que beaucoup considèrent comme "naturelle" après la chute de Dominique Strauss-Kahn.

Distancée dans les sondages par François Hollande, candidat déclaré, le premier secrétaire du Parti socialiste a déclaré que le temps n'était pas encore venu de faire connaître sa décision, ce que certains ont interprété comme un déficit de désir.

"Il y a aujourd'hui une première secrétaire qui, pour moi, est la candidate naturelle du Parti socialiste", a déclaré Harlem Désir, numéro deux du PS, jeudi sur LCI.

"Je souhaite personnellement qu'elle annonce cette candidature qui permette aux socialistes de se rassembler et à la gauche de l'emporter."

Mercredi à l'Assemblée nationale, le groupe "Solférino 2012" réunissant une quarantaine de députés "aubrystes" - parmi lesquels Alain Vidalies, Daniel Goldberg, Olivier Dussopt et Pierre Cohen - se sont retrouvés autour de la conviction d'une candidature, pour laquelle il n'ont toutefois pas lancé d'appel.

"La première secrétaire mérite qu'on la soutienne", a dit Jean Mallot, député de l'Allier. "Sa démarche est logique et quasiment naturelle."

En déplacement à Bordeaux et Toulouse cette semaine, Martine Aubry travaille à l'élaboration du projet socialiste pour 2012, sur lequel votent les militants ce jeudi soir, et qui sera définitivement adopté en convention nationale le 28 mai à Paris.

"Puis viendra dans le courant du mois de juin le temps de la décision et de l'annonce de sa candidature", a dit Harlem Désir.

"Si elle attend, c'est qu'elle respecte les règles, les calendriers et qu'aujourd'hui nous sommes dans le temps de l'adoption de notre projet", a ajouté le secrétaire national.

"FEMME DE TEMPÉRAMENT"

Quant aux spéculations sur le désir profond de Martine Aubry, "c'est un terrain sur lequel je ne me risquerai pas", a déclaré sur France Inter le député des Landes, Henri Emmanuelli.

"Je lui laisse l'entière responsabilité de ses envies", a dit l'élu, qui s'est prononcé dès le mois de mars en faveur d'une candidature Aubry.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a lui aussi apporté son soutien au premier secrétaire, qui avait mis en oeuvre la réduction de durée du travail à 35 heures dans le gouvernement de Lionel Jospin, de 1997 à 2002.

"Je pense qu'elle est la mieux à même aujourd'hui de porter un projet sur la question sociale, qui sera la question centrale et qui correspond à la demande la plus évidente des Français", a-t-il estimé sur Public Sénat.

"Il y a une situation qui est extrêmement alarmante et qui suppose qu'on ait une femme qui rassemble, de tempérament, et qui soit en capacité, pas simplement de conquérir le pouvoir, mais demain (...) de changer en profondeur l'organisation de ce pays".

Harlem Désir a demandé pour sa part d'éviter toute précipitation après "le choc personnel" provoqué par l'inculpation pour agression sexuelle aux Etats-Unis de Dominique Strauss-Kahn, qui faisait jusqu'ici figure de meilleur candidat de la gauche pour 2012.

Après la chute du directeur général du Fonds monétaire international, François Hollande est devenu le nouveau favori des enquêtes d'opinion, à bonne distance de la maire de Lille.

Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro, 49% des sympathisants de gauche pensent voter pour lui à la primaire, contre 27% pour Martine Aubry et 12% pour la présidente de la région Poitou-Charentes, Ségolène Royal.

Une autre enquête Ipsos sur les intentions de vote pour la présidentielle réalisé pour France Télévisions, Radio France et Le Monde montre que 29% des personnes interrogées voteraient pour François Hollande au premier tour et 27% pour Martine Aubry. Ils devancerait largement Nicolas Sarkozy, crédité de 19% des voix dans l'hypothèse Hollande et de 21% dans l'hypothèse Aubry.

Elizabeth Pineau, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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