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Primaire PS: six prétendants, mais pas de président !

Le Parti Pris d'Hervé Gattegno, tous les matins à 8h25 sur RMC.

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Mercredi soir, les six candidats à la primaire socialiste s'affrontaient sur le plateau d'I-télé pour un second débat en direct. Bilan : six prétendants...mais toujours pas de président de la république !

Parmi ces candidats, je n’en ai trouvé aucun de mauvais. Mais ce qui m’a frappé, c’est qu’aucun des six ne se détache du lot, ne crève l’écran. Il y a des différences entre eux mais personne ne fait la différence. Si on veut être positif, on dira que ça prouve qu’il y a beaucoup de compétences au PS – ce qui d’ailleurs est vrai. Si on est moins aimable, on dira que c’est la limite de cette primaire : elle a été conçue à l’origine parce que le PS manquait d’un leader naturel. Eh bien, il ne l’a toujours pas trouvé. Le résultat, c’est qu’on a du mal à concevoir que dans moins de huit mois, l’un de ces six prétendants pourrait être notre président.

Qu'est-ce qui leur manque pour paraître plus « présidentiels » ?

De la clarté et de l’autorité. Cette forme d’assurance qui fait que vous ressentez que ce que dit le candidat peut se réaliser, que ses projets seront mis en œuvre. Il n’y a pas de présidentiable type : Giscard a séduit par son brio, Mitterrand par sa détermination, Sarkozy par son audace et, d’une certaine façon, sa brutalité. Chez les candidats socialistes, je ne vois rien de tout cela. Et surtout peu de charisme. Je confesse qu’il m’est arrivé de sourire en entendant les uns et les autres dire : « Quand je serai élu » ou « si je suis président »… Aubry est solide, Hollande est subtil, Valls et Montebourg ont du caractère – eux deux ont vraiment de l’étoffe mais pas encore assez. Au total, ça fait deux ou trois premiers ministres crédibles, autant de ministres honorables – y compris Baylet, moins nul que la première fois. Une bonne équipe mais sans sélectionneur…

François Hollande reste le favori, ce débat l'a conforté ?

Non, je ne dirais pas cela. S’il n’y avait pas de sondages, je ne suis pas sûr qu’en suivant simplement ces débats, on créditerait F. Hollande d’un tel avantage. Une fois de plus, je l’ai trouvé prudent, tacticien, avec une capacité à produire des périphrases, des antiphrases et des doubles négations qui permet surtout d’éviter d’être contredit. On l’a bien vu hier – et M. Valls l’a souligné – Hollande se débrouille toujours pour être celui qui tire la conclusion, qui arbitre. Le problème, c’est qu’il avance très peu de propositions concrètes. Il passe son temps à dire qu’il faut un cap mais on ne sait pas quel est le sien – à part la « priorité à la jeunesse » mais ça, tout le monde peut le dire ! Il a insisté hier sur la nécessité de donner du souffle ; par moment, c’était plutôt du vent…

Un mot sur la forme du débat. Vous aviez trouvé le premier trop long et pas assez dynamique. Comment était celui de mercredi soir ?

Encore trop long – plus de 2h30, quand-même. Si l’audience est bonne, ça voudra vraiment dire que la primaire passionne les Français. Plus rythmé, plus vivant mais encore trop commode pour les candidats : tant qu’on ne leur posera pas les mêmes questions précises à chacun en exigeant des réponses précises, ceux qui n’ont pas envie de s’exposer pourront se défiler sans trop se faire remarquer. Du coup, on a droit à un festival d’arguments plus disparates que contradictoires ; et des réponses qui s’ajoutent mais qui ne se distinguent pas. Ça n’aide pas à clarifier le choix.

Ecoutez ci-dessous le "Parti pris" de ce jeudi 29 septembre 2011 avec Hervé Gattegno et Jean-Jacques Bourdin :

Hervé Gattegno