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Propos de Le Pen sur Rocard - "Il revient à ses vieux réflexes: pour exister il est dans la provocation"

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Claude Posternak, président de l'association citoyenne "La Transition" proche de Michel Rocard a rendu hommage à l'ancien Premier ministre lundi sur RMC. Il a aussi regretté l'attaque de Jean-Marie Le Pen sur Twitter qui a reproché à Michel Rocard d'avoir combattu "dans le camp de l'ennemi".

Au milieu des hommages unanimes de droite et gauche après la mort de Michel Rocard samedi, Jean-Marie Le Pen s'est fendu d'un message acerbe sur Twitter. "On oublie de dire que Michel Rocard fut un combattant de la guerre d'Algérie: dans le camp de l'ennemi", a écrit le fondateur du Front national sur le réseau social. Michel Rocard, fervent défenseur de l'Algérie indépendante s'était engagé contre la guerre d'Algérie. Pour Claude Posternak, président de l'association citoyenne La Transition, cette sortie de Jean-Marie Le Pen "est insupportable".

"Autant Michel Rocard était un homme bienveillant à tous égards autant nous connaissons Jean-Marie Le Pen et il revient à ses vieux réflexes: pour exister il est dans la provocation. Cette provocation fait souffrir pas mal de gens", regrette-t-il. 

Pour Claude Posternak, cette provocation n'éclipsera pas les qualités de Michel Rocard, qu'il a côtoyé dans le cadre de ses activités de communiquant. Il ne cache pas son admiration pour celui qu'il décrit comme un "ami". "C'est un homme qui maniait à la fois l'optimisme et la réalité. C'est quelqu'un quand vous étiez avec lui qui était d'une rare densité intellectuelle mais en même temps il y avait une légèreté, une façon d'aimer la vie, de penser à l'avenir et de penser aux gens", souligne-t-il. 

"Il essayait d'écrire une nouvelle voie"

Claude Posternak, fondateur du site limportant.fr plaide avec son mouvement pour une meilleure représentation de la société civile en politique. Un point de vue sur lequel il voit une filiation avec Michel Rocard.

"Il a toujours été dans une logique de loyauté par rapport au courant socialiste français et en particulier par rapport au parti socialiste, mais il savait qu'il fallait ouvrir les portes et se tourner vers les gens de la vraie vie, ceux qui sont absents du débat politique", note-t-il. 

Une ouverture qu'il affichait aussi dans le monde politique. En 1988, alors Premier ministre, il avait conduit un gouvernement d'ouverture, confiant des ministères à des personnalités du centre-droit. En 2011, Michel Rocard avait publié avec Alain Juppé "La politique, telle qu'elle meurt de ne pas être", un dialogue critique sur les partis et la classe politique française. "Michel Rocard essayait d'écrire une nouvelle voie et elle dépassait les frontières politiques. On a parlé de ses rapports avec Alain Juppé. C'est quelqu'un qui était capable d'ouvrir pour le bien du pays, de la gauche et de ce que doit être l'Europe".

Carole Blanchard